Cuba a progressivement retrouvé l’électricité mardi soir après une panne générale qui a plongé l’ensemble du pays dans le noir pendant plus d’une journée. Cet épisode intervient dans un contexte déjà tendu, marqué par une nouvelle montée de pression politique et économique de la part des États-Unis sur le gouvernement cubain.
Selon les autorités de La Havane, le réseau électrique national, qui s’était totalement effondré lundi à la mi-journée, a pu être reconnecté dans les différentes provinces de l’île en début de soirée mardi. Dans la capitale, La Havane, de nombreux quartiers ont retrouvé le courant après de longues heures d’interruption, affectant près de 1,7 million d’habitants.
Une nouvelle crise énergétique
Cette panne nationale est la sixième enregistrée en moins de dix-huit mois dans le pays. Elle illustre les graves difficultés énergétiques auxquelles fait face l’île caribéenne. Malgré la remise en service du réseau, les autorités ont averti que des coupures tournantes pourraient continuer afin de compenser la faible production d’électricité.
Pour de nombreux Cubains, ces pannes répétées aggravent une situation économique déjà très difficile. Les habitants doivent souvent composer avec seulement quelques heures d’électricité par jour, ce qui perturbe profondément la vie quotidienne, le fonctionnement des commerces et les services publics.
Washington accentue la pression
Au même moment, la tension diplomatique entre Cuba et les États-Unis continue de monter. Le président américain Donald Trump a récemment affirmé que son administration pourrait « faire quelque chose concernant Cuba » dans un avenir proche. Il avait auparavant évoqué la possibilité de « prendre Cuba », sans préciser la nature exacte de cette déclaration.
Le secrétaire d’État Marco Rubio a également critiqué les mesures économiques annoncées par La Havane, estimant qu’elles restaient insuffisantes pour transformer l’économie du pays. Washington appelle le gouvernement cubain à engager des réformes plus profondes orientées vers l’économie de marché.
La Havane dénonce des menaces
Le gouvernement cubain a rapidement réagi à ces déclarations. Le président Miguel Díaz‑Canel a dénoncé ce qu’il considère comme des menaces répétées de la part de Washington visant à déstabiliser l’ordre politique du pays.
Selon les autorités cubaines, les difficultés économiques actuelles sont largement aggravées par l’embargo imposé par les États-Unis depuis le début des années 1960. La Havane estime que ces sanctions compliquent notamment l’accès aux investissements étrangers et aux ressources nécessaires pour moderniser les infrastructures énergétiques.
Un timide geste d’ouverture économique
Dans ce contexte, le gouvernement cubain a annoncé une mesure qui pourrait marquer une évolution importante dans son modèle économique. La diaspora cubaine, en particulier celle installée aux États-Unis, sera désormais autorisée à investir sur l’île et à détenir des entreprises privées dans plusieurs secteurs.
Les domaines concernés incluent notamment les banques, l’agriculture, le tourisme, les mines ou encore les infrastructures. Cette décision est perçue comme une tentative d’attirer de nouveaux capitaux alors que l’économie cubaine traverse une crise profonde depuis plusieurs années.
Une économie fragilisée
Les difficultés du pays sont aggravées par la baisse des approvisionnements en pétrole, notamment en provenance du Venezuela, partenaire énergétique traditionnel de Cuba. Les livraisons ont fortement diminué ces derniers mois, accentuant la fragilité du système énergétique de l’île.
Dans le même temps, l’administration américaine a menacé de sanctionner les pays qui continueraient à fournir du pétrole à Cuba, ce qui complique encore davantage les perspectives d’approvisionnement.
Entre crise énergétique, tensions diplomatiques et difficultés économiques persistantes, l’île de 9,6 millions d’habitants se retrouve ainsi confrontée à l’un des moments les plus délicats de ces dernières années. Les prochaines décisions de Washington comme celles de La Havane pourraient jouer un rôle déterminant dans l’évolution de cette situation.

