La Ligue Jeunesse Socialiste a vivement réagi après la mort du professeur Brousseau Bernard, victime des violences armées qui continuent de ravager la région métropolitaine de Port-au-Prince. Dans une note publiée le 21 mai 2026, l’organisation dénonce « la défaillance criante de l’État » et réclame des mesures urgentes face à la détérioration de la situation sécuritaire dans le pays.
La LJS condamne un « abandon » des éducateurs
Selon la note de la coordination nationale de la LJS, le professeur Brousseau Bernard est décédé le mercredi 20 mai 2026 après avoir été grièvement blessé par balles lors d’affrontements entre groupes armés dans la zone de la Plaine du Cul-de-Sac. L’organisation rappelle que l’enseignant avait consacré près de quarante années de sa vie au système éducatif haïtien.
« Cet éducateur émérite rejoint ainsi la longue et douloureuse liste des innocents fauchés par la barbarie qui sévit quotidiennement dans la région métropolitaine de Port-au-Prince et au-delà », écrit la LJS.
Dans son communiqué, l’organisation critique sévèrement les autorités haïtiennes qu’elle accuse d’inaction face à l’expansion des groupes armés.
« Les communiqués de condoléances et les visites à l’hôpital ne sauraient masquer l’absence totale de stratégie cohérente pour neutraliser les groupes armés, rétablir l’autorité de l’État et protéger les vies humaines », affirme la Ligue Jeunesse Socialiste.
Une dénonciation de « l’hypocrisie » des autorités
La LJS souligne également ce qu’elle considère comme une contradiction entre les discours officiels et la réalité sécuritaire. Elle rappelle que le ministère de l’Éducation nationale entendait honorer le professeur Brousseau Bernard à l’occasion de la Journée nationale des éducateurs.
« Quelle hypocrisie que de célébrer ceux qui instruisent la jeunesse tout en les abandonnant à un sort funeste sur la voie publique ! », dénonce l’organisation politique.
Des revendications adressées au gouvernement
Face à la montée de l’insécurité, la Ligue Jeunesse Socialiste formule plusieurs exigences, parmi lesquelles : la mise en œuvre immédiate d’un plan d’urgence sécuritaire pour Port-au-Prince et la Plaine du Cul-de-Sac ; le désarmement effectif des groupes armés ; une protection renforcée des établissements scolaires et du personnel enseignant ; et une prise de responsabilité politique « au plus haut sommet de l’État ».
La LJS estime que « l’inaction prolongée équivaut à une complicité de fait ».
Hommages et appel à la justice
En conclusion, l’organisation a adressé ses condoléances à la famille, aux collègues et aux anciens élèves du professeur disparu, tout en promettant de poursuivre son combat contre l’insécurité.
« Le sang des éducateurs ne doit plus couler en silence. Nous demandons que justice soit faite, et que l’État cesse enfin de regarder passivement la nation se déliter sous les balles », conclut la note signée par la coordination nationale de la LJS.

