
Le président cubain Miguel Díaz-Canel a mis en garde lundi contre les conséquences d’une éventuelle attaque des États-Unis contre l’île, affirmant qu’une intervention provoquerait « un bain de sang aux conséquences incalculables ». Cette déclaration intervient alors que Donald Trump renforce la pression politique et économique sur La Havane à travers une nouvelle série de sanctions.
Le gouvernement cubain accuse Washington de préparer l’opinion internationale à une possible opération militaire. Sur le réseau X, Miguel Díaz-Canel a affirmé que son pays ne constituait « aucune menace » pour les États-Unis, tout en revendiquant le « droit légitime » de Cuba à se défendre face à toute agression extérieure.
De nouvelles sanctions américaines
Dans le même temps, le département du Trésor américain a annoncé des sanctions visant les principaux services de renseignement cubains ainsi qu’une dizaine de hauts responsables politiques et militaires de l’île. Parmi les personnalités concernées figurent le président de l’Assemblée nationale, Esteban Lazo, plusieurs ministres et des généraux liés au contre-espionnage militaire.
Le secrétaire d’État Marco Rubio a averti que d’autres mesures coercitives pourraient suivre dans les prochaines semaines. Ces sanctions, prises via l’OFAC (Bureau de contrôle des avoirs étrangers), entraînent notamment le gel des avoirs détenus aux États-Unis et interdisent toute relation commerciale avec des entreprises américaines.
Les drones cubains au cœur des tensions
Les tensions se sont accentuées après des révélations du média américain Axios affirmant que Cuba aurait acquis plus de 300 drones militaires. Selon des renseignements cités par le média, Washington s’inquiète d’une possible utilisation de ces appareils près de la base navale américaine de Guantanamo, située dans l’est de l’île.
L’ambassadeur cubain auprès de l’ONU a rejeté ces accusations, dénonçant une tentative américaine de « fabriquer un prétexte » afin de justifier une future intervention militaire.
Une crise économique et énergétique majeure
Depuis janvier, les États-Unis ont renforcé leur embargo en imposant un blocus pétrolier quasi total à Cuba. La Havane affirme n’avoir reçu qu’un seul pétrolier russe depuis le début des restrictions.
Conséquence directe : la situation énergétique du pays s’est fortement détériorée. Le gouvernement cubain reconnaît manquer de diesel et de fioul pour faire fonctionner les groupes électrogènes qui soutiennent le réseau électrique national.
Dans plusieurs régions, les coupures de courant dépassent désormais vingt heures par jour. À La Havane comme en province, cette crise provoque une montée du mécontentement populaire et plusieurs manifestations ont été signalées ces dernières semaines.
L’aide internationale se poursuit
Face à cette situation, le Mexique a envoyé lundi une nouvelle cargaison d’aide humanitaire à Cuba. Il s’agit du cinquième convoi expédié depuis février pour soutenir l’île confrontée à une grave crise économique et sociale.
Malgré la forte dégradation des relations bilatérales, des discussions restent en cours entre Washington et La Havane. Le directeur de la CIA, John Ratcliffe, s’est récemment rendu à Cuba pour rencontrer des responsables cubains, dans un contexte diplomatique particulièrement tendu.

