
Dans un message publié ce dimanche 25 mai, André Michel, avocat et figure du Secteur démocratique populaire, a vivement dénoncé le nouveau projet de décret électoral actuellement en circulation au sein des institutions haïtiennes. À travers une déclaration au ton particulièrement sévère, l’avocat accuse le gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé de préparer une reprise en main politique du processus électoral en vue des prochaines élections prévues en 2026.Selon Me André Michel, le texte élaboré par le gouvernement constituerait une rupture avec le travail précédemment réalisé par le Conseil électoral provisoire (CEP).
L’avocat affirme que l’exécutif a « totalement dénaturé » le projet initial transmis par le CEP après plusieurs semaines de consultations et de discussions avec différents secteurs de la société civile et politique.
Au cœur des critiques figure notamment la création d’un poste de directeur général au sein du CEP. Pour l’opposant, cette nouvelle fonction traduirait une volonté claire du pouvoir exécutif de contrôler « la machine technique et administrative » de l’institution électorale. Une mesure qu’il qualifie d’« inacceptable » et qu’il présente comme une tentative d’ingérence directe dans l’organisation des scrutins.
Dans sa publication, André Michel va plus loin en accusant le gouvernement de modifier en profondeur les critères d’éligibilité aux fonctions électives en Haïti. Selon lui, ces changements seraient contraires à la Constitution et risqueraient d’exclure arbitrairement certains acteurs politiques du futur processus électoral.
Le membre du Secteur démocratique populaire estime également que le décret voulu par le gouvernement pourrait rendre matériellement impossible la tenue d’élections crédibles en 2026. Derrière les ajustements techniques et administratifs, il voit une stratégie politique destinée à prolonger l’instabilité institutionnelle du pays.
« Définitivement, le Gouvernement ne veut pas faire les élections en 2026 », écrit-il dans ce message largement relayé sur les réseaux sociaux.
Cette sortie intervient dans un climat déjà tendu autour de la transition politique haïtienne. Depuis plusieurs mois, les débats sur la composition du CEP, la sécurité nationale et les conditions d’organisation des futures élections alimentent les tensions entre les autorités de transition et plusieurs partis politiques.
Les critiques d’André Michel traduisent ainsi la méfiance persistante d’une partie de la classe politique vis-à-vis du pouvoir en place, alors que la communauté internationale continue d’appeler à la mise en œuvre rapide d’un calendrier électoral crédible pour sortir Haïti de la crise institutionnelle.

