Le déplacement d’Emmanuel Macron au Kenya, dans le cadre du sommet Afrique-France organisé à Nairobi, a été marqué par une forte contestation politique et par l’arrestation de plusieurs militants anti-impérialistes internationaux et kényans.
En parallèle du sommet officiel, la Plateforme mondiale anti-impérialiste et le Parti communiste marxiste du Kenya ont organisé un contre-sommet panafricain consacré à la lutte contre l’impérialisme, la militarisation du continent africain et les formes contemporaines de domination néocoloniale. Des délégations venues de plusieurs pays y ont participé, aux côtés d’organisations communistes et progressistes africaines et internationales.
Un climat de tension politique à Nairobi
Selon les organisateurs, les manifestations organisées dans les rues de Nairobi se sont déroulées de manière pacifique. Pourtant, les forces de sécurité kényanes sont intervenues pour disperser les rassemblements, utilisant des gaz lacrymogènes et procédant à plusieurs arrestations.
Des journalistes présents sur place affirment également que du matériel a été confisqué et que certaines images filmées durant les manifestations auraient été supprimées par la police.
Parmi les personnes interpellées figureraient plusieurs responsables politiques et militants connus du mouvement anti-impérialiste international, notamment : Joti Brar, représentante du Parti communiste de Grande-Bretagne (marxiste-léniniste) ; Dimitris Patelis ; Lee Sang-hun ; Song Dan-bi. Plusieurs militants kényans ont également été arrêtés lors des mobilisations.
Les organisateurs dénoncent une répression politique
Dans un communiqué, le Parti communiste du Kenya condamne ce qu’il qualifie de campagne « d’intimidation et de harcèlement » menée par l’État kényan contre les participants au contre-sommet.
Le parti estime que ces arrestations visent à empêcher l’expression d’une solidarité internationale contre l’impérialisme et la présence militaire étrangère en Afrique. Les organisateurs dénoncent également un alignement des autorités kényanes sur les intérêts des puissances occidentales.
Selon eux, les militants arrêtés « n’ont commis aucun autre crime que celui d’exprimer leur solidarité avec les peuples opprimés et de refuser la domination impérialiste ».
Critiques contre la politique africaine de la France
Les participants au contre-sommet ont également vivement critiqué la politique africaine de la France, accusée de vouloir maintenir son influence sur le continent malgré le recul subi ces dernières années dans plusieurs pays du Sahel, notamment au Mali, au Niger et au Burkina Faso.
Les intervenants ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une stratégie de redéploiement militaire et diplomatique de la France en Afrique de l’Est, en particulier au Kenya.
Appels à la libération des détenus
Plusieurs organisations présentes au sommet ont réclamé la libération immédiate des personnes arrêtées et le respect des libertés démocratiques fondamentales, notamment le droit de manifester et la liberté d’expression.
Les organisateurs du contre-sommet affirment vouloir poursuivre la mobilisation internationale contre l’impérialisme, les interventions militaires étrangères et les politiques néocoloniales en Afrique.

