Les relations entre Washington et Madrid se tendent nettement. Lors d’une conférence de presse à la Maison-Blanche aux côtés du chancelier allemand Friedrich Merz, le président américain Donald Trump a vivement critiqué l’Espagne, l’accusant de ne pas avoir soutenu l’offensive contre l’Iran.
Interrogé sur les pays ayant refusé l’utilisation de leurs bases militaires pour les opérations américaines, Donald Trump a qualifié l’Espagne de « terrible allié », dénonçant un manque de coopération. Il a également indiqué avoir demandé à son secrétaire au Trésor, Scott Bessent, d’examiner la possibilité de rompre les relations commerciales avec Madrid.
Le président américain a aussi adressé des critiques au Royaume-Uni, évoquant un refroidissement des relations bilatérales et visant directement le Premier ministre Keir Starmer.
Madrid défend sa position
Le gouvernement espagnol a rapidement réagi en rappelant que l’Espagne est un membre engagé de l’OTAN et qu’elle respecte pleinement ses obligations en matière de défense collective. Madrid affirme contribuer de manière significative à la sécurité du territoire européen.
Concernant les relations économiques, les autorités espagnoles ont souligné le caractère ancien et mutuellement bénéfique des échanges commerciaux entre les deux pays. Elles ont précisé que toute révision éventuelle devrait se faire dans le respect du droit international, des accords bilatéraux et de l’autonomie des entreprises privées.
Le différend sur les bases militaires
Au centre du désaccord figure l’utilisation des bases américaines de Rota (Cadix) et de Morón de la Frontera (Séville), en Andalousie. Madrid a refusé qu’elles soient employées dans le cadre d’opérations liées au conflit avec l’Iran.
Le gouvernement espagnol invoque une clause de l’accord bilatéral de défense avec Washington lui permettant de restreindre l’usage de ces installations en cas d’engagement militaire non prévu par le traité.
Le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a affirmé que l’Espagne ne mettrait pas ses bases à disposition pour une opération qui ne respecterait pas la Charte des Nations Unies ou les engagements juridiques existants.
De son côté, Donald Trump estime que les États-Unis devraient pouvoir utiliser ces infrastructures sans autorisation préalable. Il a toutefois précisé que ses critiques visaient les dirigeants espagnols et non la population.
Une pression accrue sur les dépenses militaires
Washington reproche également à Madrid de ne pas consacrer 5 % de son PIB à la défense, un objectif défendu par l’administration américaine.
Présent lors de la conférence, le chancelier allemand Friedrich Merz a indiqué qu’il tenterait de convaincre l’Espagne d’augmenter ses dépenses militaires.
Appel à la désescalade
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a réitéré son appel à la retenue et à une solution diplomatique concernant l’Iran. Madrid plaide pour une désescalade et insiste sur la nécessité de privilégier la voie politique afin d’éviter une extension du conflit.
Cette nouvelle tension entre alliés occidentaux illustre les divergences stratégiques qui émergent face à la crise iranienne, dans un contexte international déjà particulièrement instable.

