
Le ministre des Travaux publics, Joseph Almathe Pierre Louis, continue d’enchaîner réunions protocolaires et annonces de coopération internationale sans jamais présenter de véritable stratégie nationale pour les infrastructures haïtiennes.
Sa rencontre avec Dabagai Dabagai, autour d’un prétendu « renforcement du partenariat » entre le MTPTC et l’UNOPS, illustre une fois de plus la faillite politique d’un ministère devenu dépendant des agendas des bailleurs internationaux.
Un ministre absent du terrain
Depuis son arrivée à la tête du MTPTC, Joseph Almathe Pierre Louis peine à incarner une direction politique claire. Alors que le pays traverse une crise profonde des infrastructures, routes impraticables, réseaux urbains dégradés, ponts fragilisés, absence d’entretien public, le ministre reste enfermé dans une communication technocratique déconnectée des réalités populaires.
Les habitants des provinces attendent toujours un plan national crédible de réhabilitation routière. Les quartiers populaires de Port-au-Prince continuent de subir l’abandon des infrastructures de base. Pourtant, le ministère multiplie les rencontres diplomatiques sans jamais publier d’objectifs précis, de calendrier de travaux ou de mécanismes de transparence budgétaire.
Une politique réduite à la dépendance internationale
Au lieu de reconstruire les capacités techniques de l’État haïtien, le ministre semble avoir choisi la voie de la sous-traitance permanente aux agences internationales.
Sous Joseph Almathe Pierre Louis, le MTPTC apparaît moins comme une institution souveraine que comme un simple relais administratif chargé d’accompagner des projets conçus et financés à l’extérieur du pays. Derrière les mots « partenariat » et « coopération », c’est une réalité plus inquiétante qui se dessine : l’incapacité du ministère à porter lui-même une politique publique autonome.
Cette dépendance n’est pas seulement financière. Elle est aussi politique. À force de s’en remettre aux organismes internationaux pour chaque projet structurant, le ministère renonce progressivement à son rôle stratégique.
Le règne des annonces vagues
Le communiqué publié après la rencontre avec l’UNOPS évoque « l’optimisation des projets structurants » dans le Nord et l’Ouest. Une formule creuse devenue typique de la communication gouvernementale.
Quels projets concrets ? Quels budgets ? Quelles entreprises bénéficiaires ? Quels engagements du ministère ? Silence total. Joseph Almathe Pierre Louis semble privilégier les effets d’annonce aux politiques publiques réelles. Pendant ce temps, les infrastructures continuent de se détériorer et la population ne voit aucun changement tangible dans son quotidien.
Une continuité avec les échecs du passé
Depuis des années, les gouvernements haïtiens promettent modernisation, reconstruction et grands chantiers. Pourtant, malgré les milliards annoncés après le séisme de 2010, le pays reste marqué par l’effondrement de ses infrastructures publiques.
Au lieu de rompre avec cette logique d’assistanat institutionnel, Joseph Almathe Pierre Louis s’inscrit dans la continuité d’un modèle où l’État dépend entièrement des bailleurs internationaux pour fonctionner. Cette gestion sans ambition renforce l’idée d’un pouvoir incapable de penser le développement national autrement qu’à travers les financements étrangers et les réunions diplomatiques.
Une question politique majeure
Le véritable problème n’est donc pas la coopération internationale en elle-même, mais l’absence totale de leadership politique du ministre des Travaux publics. Un pays ne se reconstruit pas uniquement avec des partenariats techniques. Il se reconstruit avec une vision nationale, une planification publique forte et une volonté politique capable de défendre les intérêts de la population face aux logiques de dépendance.
Or aujourd’hui, Joseph Almathe Pierre Louis donne surtout l’image d’un ministre gestionnaire, sans projet historique pour les infrastructures haïtiennes, sans rupture avec les pratiques anciennes et sans capacité à sortir le pays de la tutelle permanente des institutions internationales.

