
Une nouvelle initiative présentée comme une réforme structurelle
La ministre de la Planification et de la Coopération Externe (MPCE), Dr Sandra Paulemon, a annoncé une nouvelle série de programmes de formation en partenariat avec le CTPEA. Une initiative présentée comme un levier de modernisation de l’administration publique.
Selon le communiqué du ministère, ces actions visent à renforcer les capacités des cadres de l’État. La ministre insiste notamment sur la nécessité de « renforcer les compétences techniques des cadres de l’administration publique et d’accompagner les réformes engagées au sein de l’État ».
Mais derrière ces déclarations, plusieurs observateurs rappellent que le MPCE est depuis longtemps critiqué pour son manque de résultats concrets et l’absence d’une véritable stratégie de développement à long terme.
Des objectifs ambitieux, mais déjà répétés dans le passé
Dans son communiqué, le ministère met en avant un ensemble de programmes structurants. Il s’agit notamment d’un master en planification et gestion des politiques publiques ainsi que d’une formation de trois mois destinée aux cadres des UEP.
La ministre affirme vouloir améliorer « la gouvernance, la planification stratégique, la réorganisation administrative ainsi que l’évaluation des politiques publiques ».
Elle précise également que ces efforts doivent permettre « d’améliorer l’efficacité et la cohérence des investissements de l’État ».
Cependant, ces objectifs ne sont pas nouveaux. Ils reprennent des orientations déjà annoncées à plusieurs reprises par les gouvernements successifs, sans qu’un bilan global clair ne soit jamais publié sur leur impact réel.
Un ministère régulièrement accusé d’absence de résultats
Le MPCE, malgré son rôle central dans la planification des politiques publiques, est souvent pointé du doigt pour son manque de continuité stratégique.
Les critiques portent notamment sur l’absence de cadre de planification nationale stable et sur la difficulté à traduire les annonces en projets exécutés sur le terrain. Dans la pratique, les politiques publiques souffrent souvent d’un déficit de coordination et d’un faible suivi institutionnel.
Même les formations évoquées aujourd’hui s’inscrivent dans une logique déjà connue, où les initiatives se multiplient sans véritable mécanisme d’évaluation publique.
Le CTPEA comme bras technique d’une réforme fragile
De son côté, le Directeur général du CTPEA, Hosval Tristan, a indiqué que l’institution travaille à une proposition détaillée des nouveaux programmes. Il a également évoqué la mise en place d’une bibliothèque en ligne et d’outils de formation modernisés.
Selon lui, « le centre travaille actuellement à l’élaboration des cursus des différents nouveaux programmes de maîtrise envisagés ».
Ces engagements, bien que présentés comme innovants, s’inscrivent dans un contexte où les institutions techniques de l’État peinent souvent à déployer leurs projets faute de moyens, de suivi et de stabilité administrative.
Une réforme qui interroge sur sa portée réelle
La ministre affirme vouloir instaurer une meilleure articulation entre formation et action publique, déclarant : « le CTPEA forme, les UEP appliquent et le MPCE pilote ».
Mais cette vision intégrée reste théorique dans un appareil étatique régulièrement critiqué pour son manque de coordination interne et l’absence de mécanismes efficaces de suivi des politiques publiques.
Une question persistante : où est la stratégie de long terme ?
Au-delà des annonces, la question centrale demeure inchangée : celle de l’existence d’une véritable stratégie nationale de planification.
Alors que le MPCE multiplie les programmes et les partenariats, aucun document stratégique global, public et évalué de manière indépendante ne semble structurer durablement l’action de l’État.
Dans ce contexte, ces nouvelles initiatives apparaissent, pour certains critiques, davantage comme une répétition de cycles de réformes techniques que comme une transformation profonde de la gouvernance publique.

