
Le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, le 29 décembre 2025. © Crédit photo : JIM WATSON / AFP
Une conversation tendue entre Washington et Tel-Aviv
La tension monte entre Donald Trump et Benyamin Netanyahou autour du dossier libanais. Alors qu’Israël poursuit ses opérations militaires contre le Hezbollah au Liban, le président américain chercherait à freiner l’escalade, notamment pour éviter des frappes sur Beyrouth et préserver ses discussions avec l’Iran.
Selon le média américain Axios, Donald Trump aurait eu lundi un échange téléphonique particulièrement musclé avec le Premier ministre israélien.
Le président américain redouterait qu’une extension du conflit au Liban ne complique davantage la situation régionale et ne compromette les négociations engagées avec Téhéran.
Trump veut éviter une extension du conflit
Depuis plusieurs jours, Washington tente de contenir la crise. Les États-Unis cherchent à empêcher que les affrontements entre Israël et le Hezbollah ne débouchent sur une offensive plus large, notamment dans la capitale libanaise.
Pour Donald Trump, le risque est double : une guerre prolongée au Liban pourrait fragiliser les efforts diplomatiques américains avec l’Iran, mais aussi isoler davantage Israël sur la scène internationale.
D’après les informations rapportées par Axios, le président américain aurait ainsi demandé à Netanyahou de renoncer à des frappes sur Beyrouth.
« Tu serais en prison sans moi »
Le ton serait alors monté entre les deux dirigeants. Toujours selon Axios, Donald Trump aurait vivement reproché à Benyamin Netanyahou son attitude et son manque de reconnaissance.
Le président américain aurait lancé au Premier ministre israélien : « Tu es complètement taré. Tu serais en prison sans moi. Je t’ai sauvé les fesses et tout le monde te hait maintenant. Tout le monde déteste Israël à cause de ça. »
Cette phrase ferait référence au soutien politique que Donald Trump estime avoir apporté à Benyamin Netanyahou, notamment dans le contexte du procès pour corruption qui vise le dirigeant israélien. Trump considérerait que son appui a contribué à protéger Netanyahou politiquement, voire judiciairement.
Un désaccord profond sur la stratégie au Liban
Derrière cet échange tendu se cache une divergence stratégique. Donald Trump veut manifestement empêcher que le front libanais ne devienne un obstacle majeur à ses objectifs diplomatiques au Moyen-Orient. Benyamin Netanyahou, lui, maintient que l’armée israélienne doit pouvoir frapper le Hezbollah tant que le mouvement pro-iranien attaque Israël.
Le Premier ministre israélien a d’ailleurs affirmé publiquement que son pays continuerait à cibler des positions du Hezbollah si les attaques contre les villes et les civils israéliens se poursuivaient.
Il a également indiqué que les opérations militaires dans le sud du Liban continueraient comme prévu.
Trump affirme avoir obtenu des engagements
Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a assuré que Benyamin Netanyahou s’était engagé à ne pas envoyer de troupes à Beyrouth. Le président américain a aussi affirmé avoir eu, par l’intermédiaire de médiateurs, un « très bon » échange avec le Hezbollah.
Selon lui, la formation pro-iranienne aurait accepté de cesser totalement le feu. Donald Trump a résumé la situation en affirmant :
« Israël ne les attaquera pas et ils n’attaqueront pas Israël. »
Mais cette annonce reste fragile. Sur le terrain, les affrontements se sont poursuivis dans le sud du Liban. Le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre des cibles israéliennes, tandis que des frappes israéliennes ont encore été signalées dans plusieurs localités libanaises.
Le Liban au cœur d’un bras de fer régional
Le Liban se retrouve une nouvelle fois au centre d’un rapport de force qui dépasse largement ses frontières. D’un côté, Israël affirme vouloir neutraliser le Hezbollah. De l’autre, les États-Unis cherchent à empêcher une guerre régionale plus large, alors que les discussions avec l’Iran restent extrêmement sensibles. Cette séquence révèle aussi les tensions croissantes entre deux alliés historiques.
Donald Trump, pourtant considéré comme l’un des plus solides soutiens de Netanyahou, semble désormais prêt à employer un ton beaucoup plus brutal pour obtenir un changement de ligne de la part du Premier ministre israélien.
Une trêve encore incertaine
Malgré les déclarations américaines sur une possible accalmie, la situation demeure très instable. Les annonces de cessez-le-feu se heurtent aux réalités militaires sur le terrain, où les échanges de tirs et les frappes continuent.
Pour Donald Trump, l’enjeu est clair : éviter que le Liban ne fasse exploser l’équilibre déjà fragile des négociations régionales. Pour Benyamin Netanyahou, la priorité reste la pression militaire contre le Hezbollah.
Entre diplomatie américaine, offensive israélienne et riposte du mouvement pro-iranien, le risque d’un embrasement reste entier.

