
Le Réseau pour le Développement et le Redressement du Système Éducatif Haïtien, REDRESEH, critique sévèrement la gestion de Vijonet Demero à la tête du Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle, MENFP. Dans une note signée par son coordonnateur national, Dominique Wilnord, l’organisation estime que l’arrivée de l’actuel ministre suscite de « vives inquiétudes » quant à la qualité de la gouvernance publique dans le secteur éducatif.
Selon le REDRESEH, le parcours administratif de Vijonet Demero ferait l’objet de « sérieuses réserves », notamment en lien avec ses fonctions antérieures au sein du Conseil électoral.
L’organisation inscrit cette nomination dans un contexte plus large de critiques contre les pratiques de désignation à de hautes fonctions publiques.
Une gouvernance publique mise en cause
Dans sa note, le REDRESEH dénonce ce qu’il considère comme une pratique récurrente dans l’administration publique haïtienne : la nomination de responsables à des postes stratégiques sans que leur profil réponde toujours aux exigences de compétence et d’intégrité.
L’organisation affirme que, depuis quelque temps, les remaniements ministériels et les transitions gouvernementales mettent en lumière « une pratique regrettable : la distribution discrétionnaire de postes de haute responsabilité à des profils ne répondant pas toujours aux exigences de compétence et d’intégrité requises ».
Cette critique vise, selon le REDRESEH, la manière dont certaines responsabilités importantes seraient attribuées dans l’appareil d’État, notamment à la tête de ministères ou de directions générales.
Pour l’organisation, ces choix peuvent fragiliser davantage des institutions déjà confrontées à de profondes difficultés.
Le MENFP face à une crise structurelle
Le secteur éducatif haïtien traverse depuis plusieurs années une crise profonde, marquée par des problèmes d’accès à l’école, de qualité de l’enseignement, de conditions de travail des enseignants et de gouvernance institutionnelle. C’est dans ce contexte que le REDRESEH remet en cause la capacité de l’actuel ministre à porter une véritable réforme du système.
Selon la note, Vijonet Demero aurait été « propulsé à la tête du MENFP sous l’influence de Monsieur Jacky Lumarque ». Le REDRESEH estime qu’il semble « dépourvu d’une feuille de route claire et d’une vision stratégique » capables de répondre aux défis majeurs du système éducatif haïtien.
Pour l’organisation, cette absence de cap clair risque d’aggraver les défaillances du secteur au lieu d’y apporter des solutions concrètes. Le REDRESEH considère que la gestion actuelle ne permet pas d’engager le redressement attendu du système éducatif.
Des intérêts privés dénoncés
La note va plus loin en accusant la gestion du MENFP de favoriser des intérêts privés et sectoriels au détriment de l’intérêt général. Le REDRESEH affirme que la subordination du ministère à certains intérêts « l’emporte manifestement sur l’intérêt supérieur de la Nation ».
Cette accusation traduit une inquiétude majeure : celle de voir l’éducation nationale, secteur central pour l’avenir du pays, perdre sa vocation publique au profit de logiques d’influence ou de réseaux.
Pour le REDRESEH, l’État doit au contraire garantir une gouvernance transparente, indépendante et orientée vers les besoins réels des élèves, des enseignants et de l’ensemble des acteurs éducatifs.
Appel à la refondation du système éducatif
Face à ce qu’il qualifie de situation préoccupante, le REDRESEH réaffirme son engagement en faveur d’une refondation du système éducatif haïtien. L’organisation dit vouloir poursuivre la lutte pour garantir de meilleures conditions de vie et de travail aux acteurs du secteur.
« Le REDRESEH réaffirme avec force son engagement indéfectible à lutter pour la refondation de notre système éducatif », peut-on lire dans la note.
L’organisation insiste également sur la nécessité de garantir « des conditions de vie et de travail dignes à l’ensemble des acteurs et agents de l’éducation ». Cette revendication concerne notamment les enseignants, les cadres administratifs, les personnels éducatifs et tous ceux qui participent au fonctionnement du système scolaire.
Une prise de position politique et institutionnelle
À travers cette note, le REDRESEH entend placer la question éducative au cœur du débat public. L’organisation ne se limite pas à critiquer une nomination ou une gestion ministérielle ; elle alerte plus largement sur les conséquences d’une gouvernance jugée insuffisante dans un secteur aussi stratégique que l’éducation.
Pour le REDRESEH, le redressement du système éducatif haïtien exige une direction compétente, une vision claire, une feuille de route cohérente et une gestion tournée vers l’intérêt national. Dans le cas contraire, l’organisation estime que les crises existantes risquent de s’aggraver.
La note est signée par Dominique Wilnord, coordonnateur national du REDRESEH, au nom de la Coordination nationale de l’organisation.

