Dans un message publié ce mercredi sur la plateforme X (anciennement Twitter), l’avocat et figure politique André Michel a pris position sur la reprise du dialogue entre le Conseil Électoral Provisoire (CEP) et le gouvernement, tout en livrant une critique sévère de la gestion de la transition politique par les autorités en place.

Un soutien conditionnel au dialogue institutionnel
André Michel salue d’emblée la reprise des échanges entre le CEP et le gouvernement, qualifiée « d’excellente chose ». Toutefois, ce soutien reste conditionnel : pour l’homme de loi, ces discussions doivent impérativement aboutir à un compromis « dans le respect de l’indépendance constitutionnelle du CEP ».
Cette précision est loin d’être anodine dans un contexte où le rôle et l’autonomie de l’organe électoral font régulièrement débat. L’indépendance du CEP apparaît ici comme une ligne rouge que Me André Michel juge non négociable.
Des engagements non respectés, selon l’opposition
Au cœur de son message, André Michel rappelle les engagements pris par le pouvoir exécutif, notamment celui d’organiser des élections en 2026 sous la direction d’Alix Didier Fils-Aimé.
Il évoque également la signature du Pacte National, présentée comme un acte de « bonne foi » visant à faciliter la fin de la transition politique.
Mais, selon lui, ces engagements n’ont pas été tenus. « Le Gouvernement a tout fait pour compliquer le processus électoral afin de rester au pouvoir le plus longtemps possible », affirme-t-il sans détour, dénonçant une stratégie délibérée de blocage.
Une défense vigoureuse du CEP
André Michel appelle à un soutien accru au CEP, qu’il considère comme un acteur clé de la sortie de crise. Il insiste sur la nécessité de défendre « ses prérogatives constitutionnelles » face aux pressions politiques.
Dans cette optique, il plaide pour un renforcement du processus électoral et rappelle que « le Gouvernement doit créer les conditions pour les élections » soulignant ainsi la responsabilité directe de l’exécutif dans la tenue du scrutin.
Une transition contestée et un appel aux urnes
Le message prend également une dimension politique plus large. L’avocat affirme que son camp ne cherche pas à s’emparer du pouvoir durant la transition, un point destiné à contrer certaines accusations récurrentes dans le débat public.
Sa proposition est claire :
« aller aux élections pour donner à la population la possibilité de choisir ses dirigeants ».
Une position qui renforce l’idée d’une sortie de crise par la voie démocratique et constitutionnelle.
Un climat politique toujours tendu
Enfin, André Michel conclut son intervention par une déclaration sans ambiguïté en créole : « Pa gen dyalòg ak GANG » (Pas de dialogue avec les gangs). Une formule qui traduit une position ferme face à la montée de l’insécurité et à la question sensible d’éventuelles négociations avec des groupes armés.
Cette prise de position intervient dans un climat politique particulièrement tendu en Haïti, marqué par des divergences persistantes entre les acteurs de la transition et des incertitudes sur l’organisation des élections.
En remettant la question électorale au centre du débat, André Michel tente de repositionner les priorités et d’exercer une pression politique accrue sur le gouvernement, tout en réaffirmant une ligne de conduite axée sur le respect des institutions et le retour à l’ordre démocratique.

