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L’OPC condamne l’assassinat des 3 policiers dans l’Artibonite et presse l’État d’agir

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Des policiers patrouillent lors d’une manifestation appelant à la démission du Premier ministre Ariel Henry à Port-au-Prince en Haïti, le 7 février 2024  Richard PIERRIN / AFP

L’Office de la Protection du Citoyen (OPC) a condamné avec la plus grande fermeté l’assassinat de plusieurs agents de la Police nationale d’Haïti (PNH), tués le 29 mai 2026 dans la localité de Robert, 4e section communale de Saint-Marc, dans le département de l’Artibonite.

Dans son communiqué daté du 1er juin 2026, l’institution dit exprimer sa « profonde consternation » et sa « vive indignation » à la suite de ce drame. L’OPC précise que les policiers ont été assassinés dans « la localité de Robert, 4ème Section de la Commune Saint Marc du département de l’Artibonite », le 29 mai 2026.

Selon l’institution, « ces policiers ont été victimes lors d’une embuscade dressée par des membres du gang armé connu sous le nom de “Gran Grif” ». Une attaque qui confirme, une fois encore, l’ampleur de la menace que représentent les groupes armés dans cette région du pays.

Des condoléances aux familles et à l’institution policière

Dans sa note, l’OPC adresse également un message de solidarité aux proches des victimes. L’institution « présente ses sincères condoléances aux familles éplorées et à l’institution policière ».

Cette formule traduit non seulement l’hommage rendu aux policiers assassinés, mais aussi la reconnaissance du lourd tribut payé par la Police nationale d’Haïti dans la lutte contre les gangs.

Depuis plusieurs mois, les forces de l’ordre sont régulièrement prises pour cible dans plusieurs zones du pays, notamment dans l’Artibonite, où les groupes armés étendent leur emprise.

Une atteinte grave au droit à la vie

L’OPC ne limite pas son communiqué à une simple condamnation morale. L’institution inscrit cette attaque dans le champ des droits humains.

Elle estime que « ces pertes en vies humaines constituent une atteinte grave au droit à la vie ».

Cette phrase est l’une des plus fortes de la note. Elle rappelle que l’assassinat de policiers en opération n’est pas seulement une tragédie sécuritaire ou institutionnelle. Il s’agit aussi d’une violation fondamentale du droit à la vie, principe protégé par la Constitution haïtienne et les engagements internationaux de l’État.

L’OPC souligne également que ces assassinats « illustrent une fois de plus l’extrême vulnérabilité des populations et des agents de l’État exposés à la violence des groupes armés ».

L’Artibonite plongée dans une violence récurrente

Dans son communiqué, l’OPC replace l’attaque de Robert dans un contexte plus large. L’institution rappelle que « cette attaque est perpétrée dans un contexte de violences récurrentes dans l’Artibonite ».

Cette précision est essentielle. Le drame du 29 mai ne peut pas être considéré comme un acte isolé. Il s’inscrit dans une série de violences qui frappent régulièrement le département de l’Artibonite, devenu l’un des principaux foyers de l’insécurité en Haïti.

L’OPC indique également que « ce même groupe armé avait déjà été impliqué, il y a quelques semaines, dans un massacre dans la commune de Petite-Rivière au cours duquel plusieurs policiers ont été assassinés ».

L’État appelé à renforcer la protection

Face à cette situation, l’OPC interpelle directement les autorités. Dans sa note, l’institution écrit : « Face à la recrudescence de ces actes criminels, l’OPC appelle les autorités concernées à renforcer les mesures de protection ».

Cet appel vise à rappeler que l’État ne peut se contenter de condamner les attaques après coup. Il doit mettre en place des dispositifs capables de protéger les citoyens, mais aussi les policiers engagés sur le terrain.

L’OPC demande également aux autorités de « doter les forces de l’ordre moyens opérationnels » nécessaires afin de garantir « le respect du droit à la vie et à la sécurité ».

La lutte contre l’impunité au cœur de l’appel de l’OPC

Dans la dernière partie de sa note, l’OPC réaffirme son engagement en faveur des droits fondamentaux. L’institution déclare qu’elle « réaffirme son engagement à la défense des droits humains, à la protection de la vie et à la lutte contre l’impunité ».

Cette référence à l’impunité est centrale. Elle rappelle que la violence des gangs ne prospère pas seulement grâce aux armes. Elle se nourrit aussi de l’absence de poursuites, de l’inaction judiciaire et du sentiment que les auteurs de crimes peuvent agir sans conséquence.

L’OPC affirme également qu’elle « demeure solidaire des victimes de la violence ». Cette solidarité s’adresse aux familles des policiers assassinés, mais aussi à toutes les communautés frappées par les violences armées dans l’Artibonite et ailleurs dans le pays.

Restaurer la paix, la sécurité et l’État de droit

En conclusion, l’Office de la Protection du Citoyen dit continuer de plaider « en faveur de mesures efficaces permettant de restaurer la paix, la sécurité et l’État de droit en Haïti ».

Cette dernière formule résume l’enjeu du communiqué. Il ne s’agit pas uniquement de répondre à une attaque ponctuelle. Il s’agit de reconstruire les conditions minimales d’un État capable de protéger ses citoyens, de soutenir ses policiers et de poursuivre les criminels.

L’assassinat des policiers à Robert apparaît ainsi comme un nouveau signal d’alarme. Lorsque les forces de l’ordre deviennent elles-mêmes des cibles, lorsque les gangs peuvent tendre des embuscades et semer la terreur dans l’Artibonite, l’État haïtien se trouve confronté à une exigence immédiate : passer des condamnations aux actes.

Marie Décius
Marie Décius
Marie Décius est journaliste indépendante basée à Port‑au‑Prince. Elle couvre principalement l’éducation, les droits sociaux et les enjeux politiques en Haïti, avec un regard engagé et proche du terrain.

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