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Le SPNH-17 dénonce le « honteux » ajustement salarial du gouvernement Alix Didier Fils-Aimé

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Le fossé entre les dirigeants haïtiens et les fonctionnaires de terrain continue de se creuser. Tandis que les membres du gouvernement bénéficient de salaires élevés, de véhicules de fonction, de carburant, de per diem, de gardes du corps et de nombreux privilèges financés par l’État, les policiers, eux, dénoncent une proposition d’augmentation salariale qu’ils jugent insultante dans un contexte de crise économique et sécuritaire sans précédent.

Dans une note rendue publique mardi 26 mai 2026, le Syndicat de la Police Nationale d’Haïti (SPNH-17) a vivement critiqué le projet d’ajustement salarial envisagé par les autorités pour les policiers, les enseignants et les infirmières. Le syndicat parle d’un « ajustement honteux » et réclame une augmentation de 100 % des salaires des agents de la Police nationale.

Une augmentation de 9 000 gourdes après dix ans de stagnation

Selon le SPNH-17, les autorités prévoient une hausse de seulement 9 000 gourdes pour les policiers, après plus d’une décennie sans véritable réajustement salarial.

Pour le syndicat, cette proposition apparaît totalement déconnectée de la réalité économique du pays.

Depuis 2016, le coût de la vie a explosé. Le dollar américain, qui s’échangeait autour de 63 gourdes il y a dix ans, dépasse aujourd’hui les 132 gourdes. En parallèle, les prix des produits alimentaires, du transport, des loyers et des soins de santé ont connu une hausse vertigineuse.

Dans ces conditions, les policiers estiment que cette augmentation ne représente pratiquement rien face à l’effondrement de leur pouvoir d’achat.

« Comment un policier peut-il vivre dignement avec un salaire qui ne suit même pas l’inflation ? », s’interrogent plusieurs agents au sein du syndicat.

Des policiers exposés à la mort pendant que l’élite politique vit sous protection

La colère du SPNH-17 ne porte pas uniquement sur les salaires. Le syndicat dénonce aussi les conditions de travail extrêmement difficiles des policiers haïtiens.

Commissariats délabrés, manque d’équipements, absence de matériels adaptés, véhicules défectueux, insuffisance de munitions : les policiers affirment être abandonnés par les autorités alors qu’ils sont quotidiennement exposés aux violences armées.

Dans plusieurs zones du pays, des agents affrontent des groupes lourdement armés avec des moyens largement insuffisants. Beaucoup vivent eux-mêmes dans la précarité, incapables de subvenir correctement aux besoins de leurs familles.

Pendant ce temps, les plus hauts responsables de l’État continuent de bénéficier d’importants avantages financés par les fonds publics.

Ministres, directeurs généraux et hauts fonctionnaires disposent souvent de véhicules de luxe, de cartes téléphoniques, de chauffeurs, de carburant illimité, de frais de représentation et d’autres privilèges auxquels la majorité des fonctionnaires n’ont jamais accès.

Cette différence de traitement nourrit un profond sentiment d’injustice au sein des forces de l’ordre.

Le gouvernement accusé de mépriser les fonctionnaires de terrain

À travers cette contestation, c’est plus largement la politique sociale du gouvernement qui est remise en cause.

Depuis plusieurs mois, enseignants, infirmières, employés publics et policiers multiplient les dénonciations contre la détérioration de leurs conditions de vie.

Beaucoup reprochent aux autorités de privilégier les dépenses politiques et les avantages de l’appareil d’État au détriment d’une véritable politique de réajustement salarial capable de garantir une vie digne aux travailleurs publics.

Le SPNH-17 estime qu’il ne peut y avoir de réforme sérieuse de la sécurité sans amélioration substantielle des conditions de vie des policiers.

Le syndicat rappelle qu’un agent mal payé, vivant dans l’endettement permanent et exposé quotidiennement à la violence, ne peut travailler efficacement dans une institution déjà fragilisée par la crise.

Une colère sociale qui s’étend

Le mouvement du SPNH-17 intervient dans un contexte où la colère sociale s’étend progressivement à plusieurs secteurs de la fonction publique.

Enseignants sans nomination, employés publics sans salaire, infirmières sous-payées, travailleurs précaires : les critiques contre la gestion gouvernementale se multiplient.

Pour beaucoup d’observateurs, le problème dépasse désormais la simple question des augmentations salariales. Il révèle surtout le contraste grandissant entre une classe dirigeante vivant sous protection et une majorité de fonctionnaires abandonnés à la misère.

Le SPNH-17 appelle désormais le Conseil supérieur de la Police nationale et les autorités centrales à revoir leur position et à engager une véritable réforme salariale.

Faute de quoi, préviennent plusieurs policiers, le malaise au sein de la PNH risque de continuer à s’aggraver.

Sherley Francois
Sherley Francois
Sherley François est journaliste pour Résistance Presse. Passionnée par l’information indépendante, elle cherche à éclairer les enjeux qui façonnent la société et à rendre compte des réalités souvent négligées par les médias dominants.

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