Une conférence de presse marquée par de vives critiques
Lors d’une conférence de presse tenue le mercredi 27 mai, les dirigeants du mouvement Opposition plurielle ont vivement dénoncé la gestion du gouvernement dirigé par Fils-Aimé et appelé la population à descendre dans les rues afin de défendre, selon eux, la souveraineté nationale et les droits démocratiques du peuple haïtien.
Les différents responsables du mouvement se sont succédé au micro pour critiquer les décisions du pouvoir en place, notamment les questions liées au processus électoral, à la gestion du territoire national et à la gouvernance politique du pays.
Jeantel Joseph dénonce « la vente du pays »
Prenant la parole en premier, Jeantel Joseph, président de l’Opposition plurielle, a cité plusieurs dispositions de la Constitution haïtienne afin de rappeler, selon lui, le caractère « inviolable » du territoire national.
« Le territoire national est inviolable. Aucun dirigeant, même élu, n’a le droit de vendre une seule parcelle du pays », a-t-il déclaré devant les journalistes.
Le dirigeant politique accuse le gouvernement de Fils-Aimé d’avoir « vendu le pays à 42 gourdes par carreau pour une année », une affirmation qui a provoqué de nombreuses réactions dans l’assistance. Bien qu’il n’ait pas fourni de documents officiels durant la conférence pour étayer ses accusations, il estime que certaines décisions gouvernementales ouvrent la voie à une forme de dépossession nationale.
Le CEP et les frais de candidature au centre des critiques
Jeantel Joseph a également attaqué le Conseil électoral provisoire (CEP), qu’il accuse d’exclure les citoyens les moins favorisés du processus démocratique à travers les frais imposés aux candidats.
Selon lui, les montants exigés pour les inscriptions électorales constituent une barrière injuste pour la majorité de la population.
« Être candidat devrait seulement dépendre de la volonté de servir son pays », a-t-il martelé.
Le leader de l’Opposition plurielle juge « inacceptable » les montants évoqués pour les candidatures : 2 millions de gourdes pour la présidence ; 500 mille gourdes pour une candidature à la députation.
Pour le mouvement, ces exigences financières favorisent exclusivement les élites économiques et empêchent les classes populaires d’accéder aux responsabilités politiques.
« Une lutte pour les classes défavorisées »
Au cours de son intervention, Jeantel Joseph a insisté sur le caractère social du combat engagé par son organisation politique.
« La lutte lancée par l’Opposition plurielle est une lutte pour défendre les classes défavorisées », a-t-il affirmé.
Le mouvement appelle ainsi à une mobilisation nationale dès ce vendredi afin de dénoncer ce qu’il qualifie de « complot visant à empêcher le peuple d’être candidat » aux prochaines élections.
L’appel au départ de Fils-Aimé le 7 juin
Les responsables de l’Opposition plurielle exigent également le départ du Premier ministre Fils-Aimé le 7 juin prochain. Selon eux, cette date marquera les 120 jours accordés au gouvernement pour organiser les élections.
« Le 7 juin, Fils-Aimé doit quitter le pouvoir », a lancé Jeantel Joseph devant une foule de militants et sympathisants.
Les dirigeants du mouvement considèrent que l’absence d’avancées concrètes dans le processus électoral constitue un échec politique majeur du gouvernement.
Réginald Dume : « Le pays de Dessalines n’est pas à vendre »
De son côté, Reginald Dume, porte-parole de l’Opposition plurielle, a adopté un ton particulièrement patriotique durant son discours.
« Le pays de Dessalines n’est pas à vendre », a-t-il déclaré, faisant référence au fondateur de la nation haïtienne, Jean-Jacques Dessalines.
Il appelle les citoyens de tous les départements du pays à se mobiliser massivement afin de « faire échec au plan macabre de Fils-Aimé pour coloniser le pays ».
Le porte-parole affirme que le peuple haïtien doit défendre son indépendance et empêcher toute tentative de contrôle économique ou politique étranger sur les ressources nationales.
Frantz-Jules réclame le rétablissement de l’État de droit
Frants-Jules, coordonnateur général du mouvement « Nan Non Zansèt Yo » et membre de l’Opposition plurielle, a lui aussi pris la parole pour dénoncer la situation politique actuelle. Selon lui, le gouvernement ne démontre aucune volonté réelle d’organiser des élections crédibles et transparentes.
« Nous nous engageons dans cette lutte pour faire rétablir l’État de droit en Haïti », a-t-il déclaré.
Le dirigeant estime que la crise actuelle menace les institutions démocratiques du pays et renforce davantage la méfiance de la population envers les autorités.
Une tension politique grandissante
Cette conférence intervient dans un contexte politique particulièrement tendu en Haïti, marqué par l’insécurité, les difficultés économiques, les contestations populaires et les débats autour de la transition politique.
Depuis plusieurs mois, plusieurs organisations politiques et sociales réclament un calendrier électoral clair ainsi qu’un retour rapide à l’ordre constitutionnel.
L’appel à la mobilisation lancé par l’Opposition plurielle pourrait accentuer les tensions dans les prochains jours, alors que de nombreux secteurs continuent de contester la gouvernance actuelle du pays.

