L’hantavirus est une infection virale rare mais potentiellement très grave, transmise principalement par des rongeurs contaminés. Le virus peut se propager à l’être humain par inhalation de particules provenant d’urine, de salive ou d’excréments d’animaux infectés. Certaines souches, notamment la souche dite « Andes », identifiée en Amérique du Sud, peuvent provoquer de sévères complications respiratoires et, dans de rares cas, une transmission interhumaine reste suspectée.
Depuis plusieurs jours, les autorités sanitaires internationales suivent avec inquiétude une série de contaminations détectées parmi les passagers et membres d’équipage du navire d’expédition MV Hondius. Selon les dernières données communiquées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), huit infections ont été confirmées et deux autres restent considérées comme probables. Trois décès ont déjà été enregistrés.
Une situation sanitaire surveillée de près
Le foyer épidémique concerne plusieurs nationalités et mobilise désormais différents pays européens ainsi que les États-Unis. Les passagers avaient embarqué au début du mois d’avril à Ushuaïa, en Argentine, avant que plusieurs cas suspects ne soient signalés au fil de la traversée.
Des ressortissants néerlandais parmi les premières victimes
Les premiers cas concernent un couple originaire des Pays-Bas ayant voyagé en Amérique du Sud avant l’embarquement. L’homme, âgé de 70 ans, a commencé à ressentir des symptômes quelques jours après le départ du navire avant de décéder le 11 avril. Aucun test n’avait alors été pratiqué, mais l’OMS considère aujourd’hui son cas comme fortement suspect.
Son épouse, âgée de 69 ans, a également quitté le bateau lors d’une escale à Sainte-Hélène après une dégradation de son état de santé. Transportée ensuite vers Johannesburg, elle est morte à l’hôpital le 26 avril. Les analyses réalisées ultérieurement ont confirmé une infection à l’hantavirus.
Un troisième Néerlandais, médecin à bord du Hondius, a lui aussi été contaminé. Présentant des symptômes fin avril, il a été testé positif le 6 mai avant d’être évacué vers les Pays-Bas. Son état serait actuellement stable.
Plusieurs Britanniques touchés
Deux Britanniques figurent également parmi les cas confirmés. L’un d’eux a été hospitalisé en Afrique du Sud après avoir développé des symptômes durant la traversée. Son infection a été confirmée début mai.
Un autre membre britannique de l’équipage a lui aussi été testé positif après une évacuation médicale organisée depuis le Cap-Vert.
Par ailleurs, un troisième ressortissant britannique est considéré comme un cas probable. Il avait quitté le navire plus tôt durant l’expédition et avait été placé à l’isolement après l’apparition de symptômes respiratoires.
Une passagère allemande décédée
Une passagère allemande est morte à bord après avoir développé une forte fièvre suivie d’une pneumonie sévère. Des examens réalisés après son décès ont confirmé qu’elle était infectée par le virus. Son corps est resté à bord du navire avant le retour prévu vers l’Europe.
Un cas confirmé en Suisse
Un voyageur suisse ayant quitté le bateau lors d’une escale à Sainte-Hélène a développé des symptômes après son retour dans son pays. Pris en charge en isolement, il a été testé positif à l’hantavirus.
Une Française hospitalisée à Paris
En France, une passagère récemment rapatriée a été placée en isolement après avoir présenté des signes de la maladie le 10 mai. Les tests se sont révélés positifs et elle est actuellement hospitalisée à l’hôpital Bichat, à Paris, où elle fait l’objet d’une surveillance médicale renforcée.
Les États-Unis surveillent aussi des cas suspects
Parmi les ressortissants américains présents sur le Hondius, un cas confirmé a été signalé par les autorités sanitaires américaines. Une autre personne présente des symptômes jugés légers et reste sous observation médicale.
Une enquête sanitaire internationale en cours
L’OMS poursuit actuellement ses investigations afin de déterminer précisément l’origine des contaminations et d’évaluer le risque réel de propagation. Les autorités sanitaires suivent de près les passagers et membres d’équipage ayant quitté le navire ces dernières semaines, tandis que plusieurs pays renforcent leurs dispositifs de surveillance et d’isolement.

