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Claude Joseph dénonce le projet de décret électoral du gouvernement Fils-Aimé

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UNE PHOTO LORS D’UNE ENCONTRE ENTRE LES CONSEILLERS ÉLECTORAUX, LE DIRECTEUR EXÉCUTIF ET LE RESPONSABLE DES AFFAIRES POLITIQUES DE LA FORCE DE RÉPRESSION DES GANGS (FRG).

Le nouveau projet de décret électoral actuellement en circulation sur les réseaux sociaux continue de susciter de vives réactions dans la classe politique haïtienne. Parmi les critiques les plus virulentes, celle de Claude Joseph, chef du parti EDE, qui accuse le gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé de vouloir mettre en place un dispositif électoral déséquilibré et politiquement contrôlé.

Dans une publication diffusée sur ses réseaux sociaux, l’ancien ministre des Affaires étrangères estime que le texte en circulation constitue une remise en cause directe des principes de neutralité et d’indépendance du processus électoral.

Un texte qualifié de « provocation »

Claude Joseph n’a pas mâché ses mots pour qualifier le projet gouvernemental :

« Le projet de décret électoral du gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé […] constitue une véritable provocation à l’égard de la nation haïtienne en général et des démocrates du pays en particulier. »

Dès l’ouverture de sa prise de position, le ton est donné : pour lui, le document ne relève pas d’un simple ajustement technique du cadre électoral, mais d’un choix politique lourd de conséquences sur la crédibilité du futur scrutin.

Une réforme institutionnelle jugée déséquilibrée

Au cœur de la critique se trouve la nouvelle architecture proposée pour le Conseil électoral provisoire (CEP). Selon le texte en circulation, les neuf conseillers électoraux issus de différents secteurs de la vie nationale verraient leur rôle considérablement réduit, au profit d’une Direction générale renforcée.

Cette Direction générale serait, elle, directement nommée en Conseil des ministres.

Pour Claude Joseph, cette évolution change profondément la nature de l’institution électorale :

« Une telle disposition soulève de sérieuses inquiétudes quant à l’indépendance, à l’équilibre et à la crédibilité du processus électoral. »

Autrement dit, le centre de gravité de l’organisation des élections ne serait plus le collège des conseillers électoraux, mais une structure administrative placée sous influence directe de l’exécutif.

Une accusation de contrôle politique du processus électoral

Poussant plus loin sa critique, le leader du parti EDE suggère que le gouvernement chercherait à concentrer davantage de pouvoir sur le processus électoral.

Dans un passage particulièrement politique, il estime que :

« Le Premier ministre ferait peut-être mieux de confier officiellement l’organisation des élections à son ministre de l’Intérieur afin de pouvoir contrôler plus facilement l’ensemble du processus. »

Derrière cette formule ironique, l’accusation est claire : le projet de décret ouvrirait la voie à une mainmise de l’exécutif sur l’ensemble de la chaîne électorale, de l’organisation jusqu’à la gestion des résultats.

Un doute sur la volonté d’organiser des élections crédibles

Claude Joseph va plus loin en mettant en cause les intentions mêmes du gouvernement :

« Ce projet de décret confirme malheureusement qu’Alix Didier Fils-Aimé ne semble animé d’aucune réelle volonté d’organiser des élections libres, honnêtes et démocratiques dans le pays. »

Selon lui, le texte ne serait pas seulement imparfait sur le plan technique, mais traduirait une orientation politique plus large, marquée par la recherche de contrôle du processus électoral.

Il évoque même un possible test politique :

« Ce texte apparaît davantage comme un ballon d’essai destiné à mesurer les réactions de la population haïtienne. »

Une lecture politique du rapport de force

Dans son analyse, le président de EDE estime que le pouvoir en place s’appuierait sur une forme de passivité des forces politiques et sociales pour avancer ses réformes institutionnelles.

Il accuse ainsi le gouvernement de céder à une logique de domination politique, qu’il relie à une forme d’arrogance du pouvoir.

Une conclusion teintée de référence historique

Pour conclure sa prise de position, Claude Joseph adopte une formule en latin :

« Eadem semper, quia nemo discit. »

Une manière de suggérer que les dirigeants haïtiens répéteraient les mêmes erreurs historiques, sans tirer de leçons des crises passées.

Un débat politique relancé autour du CEP

Cette sortie médiatique intervient dans un contexte déjà tendu autour de la réforme du système électoral haïtien. La question de l’indépendance du Conseil électoral, de la transparence du processus et de la confiance entre acteurs politiques demeure un point central des débats.

Le projet de décret, encore non adopté officiellement, continue ainsi d’alimenter une confrontation politique où s’opposent deux lectures : celle d’une réforme administrative nécessaire, et celle d’une tentative de reprise en main politique du processus électoral.

Sherley Francois
Sherley Francois
Sherley François est journaliste pour Résistance Presse. Passionnée par l’information indépendante, elle cherche à éclairer les enjeux qui façonnent la société et à rendre compte des réalités souvent négligées par les médias dominants.

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