Dans un communiqué publié le 12 mai 2026, le comité citoyen Gonaïves Debout appelle à la démission immédiate du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qu’il accuse d’avoir aggravé la crise sécuritaire, sociale et économique du pays.
Cette prise de position intervient dans un climat déjà explosif, marqué par l’expansion des groupes armés, la multiplication des déplacements de population et une défiance croissante envers les autorités de transition.
Une dénonciation politique radicale du pouvoir en place
Dans son communiqué, Gonaïves Debout dresse un constat sévère de la gouvernance actuelle. Le mouvement affirme que depuis l’arrivée au pouvoir d’Alix Didier Fils-Aimé, le pays s’enfonce davantage dans « le chaos et la misère sociale ».
Les accusations sont frontales : aggravation de l’insécurité, effondrement de l’économie, incapacité de l’État à protéger les populations et perte de contrôle sur plusieurs zones du territoire, notamment dans l’Artibonite, où les violences armées se multiplient.
Le comité dénonce également des choix politiques jugés déconnectés de la réalité sociale, reprochant au chef du gouvernement de privilégier des déplacements officiels et des annonces institutionnelles pendant que la population subit directement la violence des groupes armés.
L’ombre des accusations de collusion entre élites et groupes armés
Cette sortie intervient aussi dans un contexte marqué par des déclarations internationales sensibles. L’ambassadeur du Canada en Haïti, André Giroux, a récemment évoqué l’implication présumée d’acteurs politiques et économiques dans le financement ou le soutien de groupes armés opérant sur le territoire haïtien.
Pour Gonaïves Debout, ces déclarations constituent un « désaveu cinglant » du système politique actuel et confirment des accusations récurrentes de collusion entre certaines élites et les réseaux criminels.
Sans établir de responsabilité judiciaire directe, ces soupçons alimentent un climat de méfiance généralisée envers les institutions et renforcent les appels à des enquêtes indépendantes.
Une population sous pression permanente
Dans l’Artibonite, la situation humanitaire continue de se dégrader. Les violences attribuées à des groupes armés provoquent des déplacements massifs de population, perturbent les activités agricoles et fragilisent davantage une région déjà économiquement vulnérable.
Les habitants font face à une insécurité chronique, entre attaques, extorsions et abandon des services publics. Plusieurs zones rurales et périurbaines échappent désormais au contrôle effectif de l’État.
Appels à la démission et à des enquêtes
Au-delà de la démission du Premier ministre, Gonaïves Debout réclame l’ouverture d’une enquête approfondie sur la gestion de la crise actuelle et sur les responsabilités politiques dans la détérioration de la situation nationale.
Le mouvement estime que seule une refonte profonde de la gouvernance et une rupture avec les pratiques actuelles pourraient permettre de répondre à la crise multidimensionnelle que traverse Haïti.
Une crise politique sans issue apparente
Cette nouvelle prise de position illustre l’aggravation de la crise politique en Haïti, où la contestation ne se limite plus aux partis traditionnels mais s’étend à des mouvements citoyens de plus en plus structurés.
Dans un contexte d’effondrement sécuritaire et de forte instabilité institutionnelle, la pression sur l’exécutif continue de s’intensifier, sans qu’aucune solution politique stable ne se dessine à court terme.

