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Affaire Epstein : le Premier ministre canadien demande l’exclusion du prince Andrew de la succession au trône britannique

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Le scandale lié à l’ancien financier américain Jeffrey Epstein continue de produire des répercussions jusque dans les cercles les plus élevés de la monarchie britannique. Le Premier ministre canadien Mark Carney a estimé samedi que le prince Andrew devrait être retiré de l’ordre de succession au trône britannique, invoquant la gravité des accusations et des controverses qui entourent son nom.

En déplacement officiel au Japon, Mark Carney a déclaré devant la presse à Tokyo que les agissements attribués à Andrew Mountbatten-Windsor, le nom civil utilisé par l’ancien prince, étaient « profondément préoccupants » et justifiaient, selon lui, une mesure exceptionnelle. « Les actions qui lui sont reprochées sont déplorables et appellent des conséquences », a-t-il affirmé, estimant qu’il serait approprié de le retirer de la ligne de succession.

Un prince déjà largement écarté de la vie royale

Le prince Andrew, frère cadet du roi Charles III, a déjà subi une série de sanctions au sein de la famille royale. En octobre 2025, le souverain britannique lui a retiré plusieurs attributs symboliques, notamment son titre de prince, ainsi que diverses fonctions et distinctions associées à son rôle public.

Ces décisions avaient été prises dans le contexte des révélations sur les liens étroits entre Andrew et Jeffrey Epstein, homme d’affaires américain accusé d’avoir organisé un vaste réseau d’exploitation sexuelle impliquant des mineures. Le prince Andrew avait notamment accepté de verser une importante compensation financière à Virginia Giuffre, l’une des femmes ayant affirmé avoir été victime du système mis en place par Epstein.

Une place toujours maintenue dans la succession

Malgré la perte de ses titres et de ses fonctions officielles, Andrew figure toujours dans l’ordre de succession au trône britannique, où il occupe actuellement la huitième position. Cette situation suscite régulièrement des débats au Royaume-Uni et dans plusieurs pays du Commonwealth, dont le Canada, où la monarchie britannique demeure l’institution constitutionnelle.

C’est dans ce contexte que Mark Carney a pris position publiquement, estimant que le maintien d’Andrew dans la liste de succession pose une question de crédibilité institutionnelle.

Une affaire judiciaire toujours sensible

La polémique autour du prince Andrew s’est encore intensifiée après son interpellation récente par les autorités britanniques. Il est soupçonné d’avoir, durant la période où il occupait la fonction d’envoyé spécial du Royaume-Uni pour le commerce international (2001-2011), partagé des informations liées à ses fonctions avec Jeffrey Epstein.

Selon plusieurs médias britanniques, Andrew a été placé en garde à vue pendant plusieurs heures le mois dernier dans le cadre de cette enquête. Face à cette situation, le gouvernement britannique étudierait la possibilité d’introduire une législation spécifique permettant de retirer un membre de la famille royale de la ligne de succession dans des circonstances exceptionnelles.

Une pression politique croissante

La déclaration du Premier ministre canadien illustre la pression politique grandissante autour de la question. Bien que les décisions concernant la succession royale relèvent principalement des institutions britanniques, elles concernent également les pays du Commonwealth qui reconnaissent le souverain britannique comme chef d’État.

Dans ce contexte, l’avenir du prince Andrew au sein de la succession royale pourrait devenir un enjeu politique et symbolique pour la monarchie britannique, déjà confrontée à plusieurs crises d’image ces dernières années.

Marie Décius
Marie Décius
Marie Décius est journaliste indépendante basée à Port‑au‑Prince. Elle couvre principalement l’éducation, les droits sociaux et les enjeux politiques en Haïti, avec un regard engagé et proche du terrain.

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