Les militatns du REDRESEH lors d’un mouvement de protestation en janvier 2026.
Le Regroupement des Enseignants pour la Défense et la Réforme du Système Éducatif Haïtien (REDRESEH) a vivement critiqué la gestion actuelle du Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), dirigé par le professeur Vijonet Déméro. Dans une note de presse rendue publique ce week-end, l’organisation syndicale dénonce une absence de réponses concrètes aux revendications des enseignants.
Selon le REDRESEH, malgré plusieurs mois d’exercice du ministre à la tête du MENFP, la situation du système éducatif ne montre aucune amélioration notable. Le syndicat estime que les attentes exprimées par les enseignants restent sans suite.
Dans son document, l’organisation affirme que :
« Plusieurs mois après son investiture, aucune mesure concrète n’a été adoptée pour répondre aux revendications des acteurs du système éducatif. »
Des accusations graves contre la gestion du MENFP
Au-delà des revendications sociales, le REDRESEH met en cause la gouvernance du ministère. Il évoque de supposées irrégularités administratives et financières qui, selon lui, fragiliseraient davantage l’institution.
Le syndicat parle notamment :
« Des allégations de détournement de fonds, de népotisme, de gabegie administrative et de corruption systémique au sein du MENFP. »
Ces accusations, non étayées par des preuves publiques dans la note, traduisent néanmoins un climat de méfiance entre les acteurs du secteur éducatif et les autorités de tutelle.
Une fête des enseignants marquée par la frustration
Le REDRESEH revient également sur la célébration du 17 mai 2026, journée dédiée aux enseignants, qu’il considère comme un symbole du malaise actuel.
Selon le regroupement :
« Une véritable honte nationale pour des milliers d’enseignants travaillant depuis plusieurs années sans nomination, sans salaire et sans sécurité. »
De nombreux enseignants, affirme le syndicat, attendent toujours leur régularisation administrative malgré les promesses formulées par les autorités éducatives.
Des engagements non suivis d’effets
Le syndicat souligne également l’absence de communication claire sur la situation des enseignants concernés. Il estime que ni le MENFP ni la Primature n’ont apporté de réponses précises.
Le REDRESEH indique ainsi que :
« Ni le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, ni le ministre de l’Éducation nationale n’ont été capables d’annoncer clairement quand les enseignants recevront leurs lettres de nomination. »
Un secteur éducatif sous pression
Sur le terrain, les enseignants continuent de faire fonctionner les établissements scolaires dans des conditions jugées difficiles par les syndicats. Le REDRESEH estime que cette situation reflète un abandon progressif du secteur éducatif par les autorités.
Le syndicat affirme :
« Pendant que des milliers de professeurs continuent de faire fonctionner l’école haïtienne dans des conditions extrêmement difficiles, les autorités persistent dans le silence. »
Des critiques également adressées aux syndicats
Dans sa prise de position, le REDRESEH ne se limite pas aux autorités gouvernementales. Il critique également certaines organisations syndicales qu’il accuse de passivité face à la crise.
Le regroupement évoque :
« Le silence complice de certains leaders syndicaux et de plusieurs plateformes syndicales. »
Vers une intensification de la mobilisation
Face à cette situation, le REDRESEH annonce la poursuite de ses actions de mobilisation jusqu’à satisfaction de ses revendications.
« Nous poursuivrons la mobilisation jusqu’à la satisfaction pleine et entière des revendications légitimes des personnels de l’éducation. »
Jean-Robert Augustin est un journaliste engagé et rigoureux, spécialisé dans le traitement de l’actualité nationale et des enjeux sociaux. Passionné par l’information, il s’attache à produire des analyses claires, accessibles et pertinentes pour éclairer le public.