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Le RDNP dénonce “l’échec” du gouvernement Fils-Aimé et réclame un nouveau dialogue national

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Les membres du Rassemblement des Démocrates Nationaux et Progressistes (RDNP) lors de la 4ème édition de l’Université d’été Leslie Manigat en 2024.

PORT-AU-PRINCE — Cent jours après l’installation du gouvernement dirigé par Didier Fils-Aimé dans le cadre du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections, le Rassemblement des Démocrates Nationaux Progressistes (RDNP) dresse un constat sévère de la transition en cours et appelle à l’ouverture « immédiate » de nouvelles consultations nationales.

Dans une longue note publique publiée ce jeudi, le parti estime que « la situation nationale s’est dramatiquement aggravée sur tous les plans » depuis le 7 février 2026.

Un constat d’échec de la transition

Le RDNP rappelle avoir signé le Pacte national « dans un esprit patriotique », avec l’objectif de contribuer au rétablissement de la sécurité, au fonctionnement des institutions et à l’organisation d’élections « crédibles, inclusives et démocratiques ».

Mais selon le parti, les engagements pris par le gouvernement n’ont pas été respectés.

« Aujourd’hui, force est de constater que ces objectifs sont non seulement loin d’être atteints, mais qu’ils connaissent un recul alarmant », écrit le RDNP, qui évoque « une accélération inquiétante de l’effondrement » du pays.

Le parti pointe notamment : l’expansion des groupes armés ; les déplacements massifs de populations ; la fermeture d’écoles ; la dégradation des services de santé ; ainsi que l’aggravation de la crise humanitaire et sociale.

« Le report des élections constitue un aveu d’échec majeur »

Dans sa déclaration, le RDNP remet également en question la capacité du gouvernement à organiser des élections dans des conditions crédibles. « Rien, à ce stade, ne permet sérieusement de croire que le Gouvernement actuel est capable de sécuriser le territoire, stabiliser les institutions et organiser des élections honnêtes, crédibles et inclusives », affirme le parti.

Le report du calendrier électoral est présenté comme « un autre aveu d’échec majeur ».

Le RDNP accuse également les autorités de transition d’avoir favorisé des « nominations à caractère politique », motivées « par des intérêts partisans plutôt que par la compétence et le mérite ». Selon le parti, cette logique compromet « dangereusement la neutralité de l’appareil d’État ».

Refus de « cautionner » le processus actuel

Le ton de la note devient particulièrement critique lorsque le RDNP affirme refuser d’être « complice d’un processus susceptible de conduire le pays vers des élections truquées ».

Le parti estime que l’organisation d’élections dans un contexte d’insécurité généralisée risquerait « d’aggraver encore davantage l’instabilité du pays ».

« Le temps n’est plus aux arrangements de circonstance ni au tribalisme politique. L’heure est au sursaut national », écrit encore le RDNP.

Appel à un nouveau gouvernement

Considérant que « cette transition a perdu sa crédibilité politique, sa capacité opérationnelle ainsi que sa légitimité morale », le parti appelle désormais à la mise en place d’« un gouvernement crédible, compétent et patriotique ».

Le RDNP estime que la crise actuelle est avant tout « un problème de gouvernance » et plaide pour l’arrivée de « jeunes compétents », de « professionnels » et de « technocrates expérimentés » au sein du prochain exécutif.

« Haïti a besoin d’un gouvernement exceptionnel composé de femmes et d’hommes d’État compétents, crédibles, intègres et capables d’obtenir des résultats concrets », affirme le document.

Une rupture politique assumée

Cette prise de position marque une rupture importante entre le RDNP et le gouvernement issu du Pacte national, dont le parti était pourtant signataire.

Dans sa conclusion, le RDNP affirme qu’il refuse désormais de « cautionner plus longtemps l’échec, l’improvisation et l’effondrement organisé de l’État ». « Le peuple haïtien mérite mieux. Haïti mérite mieux », conclut la note, appelant à un « salut national » face à ce qu’il décrit comme une dissolution progressive du pays.

Marie Décius
Marie Décius
Marie Décius est journaliste indépendante basée à Port‑au‑Prince. Elle couvre principalement l’éducation, les droits sociaux et les enjeux politiques en Haïti, avec un regard engagé et proche du terrain.

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