
Accusations de corruption et d’influence politique
L’ancien sénateur Moïse Jean-Charles a relancé le débat politique en Haïti en formulant de graves accusations à l’encontre du Premier ministre de facto, Alix Didier Fils-Aimé. Selon ses déclarations, ce dernier aurait bénéficié du soutien décisif de l’ancien conseiller présidentiel Emmanuel Vertilaire, obtenu à travers divers avantages matériels et diplomatiques, dans un contexte de crise interne au sein des autorités de transition.
Ces propos ont été tenus lors de son intervention à l’émission Booster diffusée sur Radio Méga. Moïse Jean-Charles affirme que, durant les discussions autour d’une éventuelle révocation du chef du gouvernement, une majorité de membres de l’ex-Conseil présidentiel de transition aurait initialement envisagé son départ, avant un changement de position de certains acteurs clés.
Des cadeaux et avantages allégués
L’ancien parlementaire soutient notamment que des cadeaux de valeur auraient été offerts à l’entourage d’Emmanuel Vertilaire. Il évoque la remise d’une montre de luxe à l’épouse de ce dernier, ainsi qu’un véhicule neuf. Toujours selon lui, ces gestes auraient eu pour objectif d’influencer la position de l’ex-conseiller présidentiel afin d’empêcher le vote en faveur de la révocation du Premier ministre.
Moïse Jean-Charles ajoute également que des facilités de visa auraient été accordées aux enfants de Vertilaire Emmanuel, un élément qu’il présente comme faisant partie d’un ensemble de contreparties présumées dans le cadre de cette crise politique.
Une crise au sein du Conseil présidentiel de transition
Ces allégations s’inscrivent dans un climat de fortes tensions ayant marqué les débats autour du maintien ou non d’Alix Didier Fils-Aimé à la Primature. Plusieurs mois auparavant, des divergences profondes avaient déjà émergé au sein du Conseil présidentiel de transition, certains membres affirmant disposer d’une majorité pour procéder à son remplacement.
Des médias avaient alors rapporté des positions contradictoires au sein de l’instance, ainsi que des absences remarquées lors de réunions et conférences de presse. Parmi celles-ci, le cas d’Emmanuel Vertilaire avait attiré l’attention, celui-ci ayant quitté certaines discussions officielles pour participer à d’autres activités publiques aux côtés du chef du gouvernement.
Recomposition politique et accusations croisées
Dans la même dynamique, Moïse Jean-Charles accuse également d’autres figures politiques, dont l’ancien Premier ministre Claude Joseph, d’avoir rejoint un alignement favorable à Alix Didier Fils-Aimé, évoquant une reconfiguration politique influencée par des intérêts économiques et privés.
Il a par ailleurs critiqué certaines orientations du gouvernement de transition, notamment les discussions autour du secteur minier, qu’il considère comme un domaine sensible touchant à la souveraineté nationale.
Conclusion
À ce stade, aucune preuve indépendante n’a été rendue publique pour confirmer les accusations portant sur des cadeaux, des véhicules ou des facilités de visa. Ces déclarations restent donc au niveau d’allégations politiques.
Ces révélations interviennent dans un contexte déjà marqué par des controverses persistantes autour de la gouvernance de transition. Elles risquent de raviver les tensions au sein de la classe politique haïtienne, déjà profondément divisée sur la gestion de la transition et l’avenir institutionnel du pays.

