Un média indépendant et engagé
Un média indépendant et engagé
AccueilPolitiqueLes Assises du dialogue inter-haïtien contestent la légitimité du pouvoir de Didier...

Les Assises du dialogue inter-haïtien contestent la légitimité du pouvoir de Didier Fils-Aimé

Publié le

spot_img

PORT-AU-PRINCE, 21 mai 2026 — Les Assises de suivi du dialogue inter-haïtien ont publié, mercredi, une déclaration politique dans laquelle elles remettent en cause la légitimité institutionnelle du pouvoir exercé par Didier Fils-Aimé et appellent à une transition conforme à la Constitution de 1987 amendée.

Dans ce document signé notamment par le professeur Émile Brutus, Me Alexandre Jh. Dieunor et le professeur Delson Cius, les Assises disent prendre acte de la récente déclaration du Groupe des Éminentes Personnalités de la CARICOM, laquelle réaffirme « le principe d’une solution haïtienne souveraine portée par les Haïtiens ».

Une critique directe du pouvoir en place

Les Assises affirment avoir engagé, depuis le 7 février 2026, une série de consultations avec des acteurs politiques, économiques, universitaires, sociaux et de la diaspora afin de travailler à « une solution durable à la crise haïtienne ».

Selon le document, ces travaux visent notamment à : « restaurer la dignité nationale » ; « refonder la gouvernance politique » ; « rétablir la sécurité publique » ; et « organiser des élections crédibles dans un climat de confiance et de cohésion nationale ». Mais la déclaration marque surtout une critique frontale du pouvoir actuel.

Les Assises estiment que Didier Fils-Aimé exerce depuis le 7 février un « mandat de fait », en s’étant attribué « des prérogatives qui ne trouvent aucun fondement dans les dispositions constitutionnelles régissant l’intérim de l’Exécutif ».

Le 7 juin présenté comme une date clé

S’appuyant sur l’article 149 de la Constitution, les Assises rappellent que « le mandat intérimaire ne peut excéder une durée de cent vingt (120) jours ». Le document affirme ainsi que « le 7 juin 2026 constitue l’échéance légale de la période intérimaire », indépendamment « des actes ou décisions adoptés unilatéralement par M. Fils-Aimé ».

Pour les signataires, cette date doit être considérée comme « un jalon juridique majeur dans le processus de restauration de l’ordre institutionnel ».

Plaidoyer pour un exécutif bicéphale

Les Assises réaffirment également leur engagement en faveur du « rétablissement d’un exécutif bicéphale, conformément à la Constitution de 1987 amendée ».

Elles indiquent travailler à « l’élargissement du consensus national » afin de renforcer la légitimité des autorités de transition et de créer les conditions « d’une gouvernance stable, inclusive et responsable ».

Appel à la CARICOM et à la communauté internationale

Dans leur déclaration, les Assises saluent également « la mobilisation croissante des partis politiques, des organisations de la société civile, des secteurs professionnels, des organisations communautaires et de la diaspora haïtienne ». Elles invitent la CARICOM ainsi que les partenaires internationaux à poursuivre leurs « bons offices » afin d’accompagner « une solution véritablement haïtienne, inclusive et durable ».

« Les Assises de suivi du dialogue inter-haïtien demeurent résolument engagées à assumer leur rôle de force de proposition, de rassemblement et de leadership dans la recherche d’une solution fondée sur la légalité, la souveraineté et la volonté du peuple haïtien », conclut le document.

Sherley Francois
Sherley Francois
Sherley François est journaliste pour Résistance Presse. Passionnée par l’information indépendante, elle cherche à éclairer les enjeux qui façonnent la société et à rendre compte des réalités souvent négligées par les médias dominants.

DERNIERS ARTICLES

Sandra Paulémon à l’ONU : la politique du spectacle pendant qu’Haïti s’enfonce

Sous couvert de “consolidation de la paix”, le gouvernement multiplie les voyages officiels, les...

Cinq nouvelles bases construites par UE-OEA pour la PNH : quand Fils-Aimé applaudit sa propre dépendance

Sous couvert d’appui sécuritaire, l’initiative UE-OEA révèle une fois de plus l’effacement de l’État...

Sécurité en Haïti : nouvelle rencontre UE-OEA, mêmes promesses sans résultats visibles

À Panama, en marge de la 56e session ordinaire de l’Assemblée générale de l’Organisation...

Corée du Sud : 25 ans de prison pour Park Sung-jae, l’ex-ministre de la Justice

Condamné pour son rôle dans l’insurrection liée à la loi martiale décrétée en décembre...

Élections en Haïti : Claude Joseph dénonce un “hold-up électoral” après la rencontre Gouvernement–CEP–partis politiques

Port-au-Prince, 20 juin 2026. — La rencontre organisée ce vendredi 19 juin 2026 entre...

La réunion MAST – Banque mondiale : une nouvelle démagogie du ministre Marc-Elie Nelson

Alors que plus de la moitié de la population haïtienne bascule dans l’urgence humanitaire,...

À lire aussi

Sandra Paulémon à l’ONU : la politique du spectacle pendant qu’Haïti s’enfonce

Sous couvert de “consolidation de la paix”, le gouvernement multiplie les voyages officiels, les...

Cinq nouvelles bases construites par UE-OEA pour la PNH : quand Fils-Aimé applaudit sa propre dépendance

Sous couvert d’appui sécuritaire, l’initiative UE-OEA révèle une fois de plus l’effacement de l’État...