
À Port-au-Prince, ce matin, les rues de Delmas et de Pétion-Ville sont déjà animées. Les motos et tap-tap attendent devant les stations-service, leurs conducteurs scrutant les écrans affichant le nouveau prix du carburant. Le choc est brutal : Alix Didier Fils Aimé, vient de décider une augmentation de 25 % à 27 % en une seule fois. Avant l’annonce, un gallon de carburant coûtait autour de 550–600 gourdes selon les stations et le marché informel. Mais avec la nouvelle grille tarifaire, le prix de l’essence est désormais fixé à environ 725 gourdes par gallon, le diesel à 850 gourdes et le kérosène à 845 gourdes. Une hausse qui dépasse largement celle observée dans le reste du monde.
Une comparaison internationale : Haïti vs le reste du monde
Alors que le carburant grimpe brutalement en Haïti, la situation est très différente ailleurs. Aux États‑Unis, le prix à la pompe a augmenté d’environ +20 % à +30 %, mais de manière progressive, ce qui permet aux consommateurs américains d’absorber le choc. En Chine, l’essence et le diesel ne connaissent qu’une hausse limitée à +7 %, protégés par des politiques de prix strictes. En France, les prix ont augmenté de +7 % à +10 %, tandis qu’en Allemagne, la progression moyenne atteint +14 %, également étalée dans le temps.
Dans d’autres pays émergents, les hausses restent souvent sectorielles ou modérées : l’Inde enregistre des augmentations spécifiques sur certains segments comme le kérosène commercial (+8,6 %) et le GPL commercial (+10,4 %), sans affecter massivement les consommateurs quotidiens. Au Japon, le carburant a progressé d’environ +19,6 %, et au Ghana, l’essence a augmenté de +15 % tandis que le diesel atteint +19 %.
Comparé à ces pays, Haïti se distingue par la brutalité et l’immédiateté de la hausse. Là où d’autres nations étalent les augmentations, protègent certains segments ou utilisent des subventions pour limiter l’impact, Alix Didier Fils-Aimé impose un choc direct aux ménages, dans un contexte économique déjà fragile.
Un contexte économique déjà fragile
La situation en Haïti rend cette hausse encore plus insupportable. Selon la Banque mondiale, près de 60 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, avec un revenu journalier inférieur à 2,40 USD par personne. La gourde continue de se déprécier face au dollar, et l’inflation cumulée sur les biens essentiels dépasse déjà 20 % par an. Dans ce contexte, une augmentation immédiate de plus de 25 % sur un produit aussi central que le carburant devient un double choc pour les revenus et le coût de la vie.
L’absence de mesures sociales
Et pourtant, le gouvernement d’Alix Didier Fils Aimé ne met en place aucune mesure sociale pour protéger la population : Aucune subvention ciblée pour les ménages vulnérables ; Aucune aide directe pour les chauffeurs et travailleurs indépendants ; Aucune stratégie pour limiter l’inflation sur les produits essentiels. Les familles haïtiennes sont livrées à elles-mêmes face à cette augmentation massive de leurs dépenses quotidiennes.
Conclusion
La décision d’Alix Didier Fils Aimé d’augmenter le prix du carburant de 25 % à 27 % en une seule fois n’est pas seulement un ajustement économique : c’est un choix politique lourd de conséquences, qui illustre un profond décalage entre le gouvernement et la population qu’il est censé protéger. Alors que dans le reste du monde, les hausses sont progressives, étalées ou accompagnées de subventions, Haïti subit un choc direct et brutal, sans filet social, dans un contexte où près de 60 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.
Cette augmentation immédiate va alourdir le coût du transport, des produits alimentaires et de tous les biens essentiels, entraînant une inflation généralisée que la majorité des ménages haïtiens ne pourra pas absorber.
En choisissant la brutalité plutôt que la prudence, Alix Didier Fils Aimé place les Haïtiens les plus pauvres au centre d’une crise économique imposée, transformant une hausse mondiale du pétrole en une catastrophe sociale nationale. Cette décision envoie un signal clair : dans la vision du gouvernement, les contraintes budgétaires passent avant la vie quotidienne de ceux qui ont déjà le moins.

