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Tensions au Moyen-Orient : le prix du gaz européen grimpe jusqu’à 35 % en quelques heures

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Des puits de pétrole en Iran. Crédit : AFP / Atta KENARE

Les marchés de l’énergie en Europe ont connu une forte turbulence ce jeudi 19 mars, à la suite d’attaques visant des infrastructures stratégiques dans le Golfe. La hausse brutale des prix du gaz et du pétrole reflète les inquiétudes croissantes concernant la sécurité de l’approvisionnement énergétique mondial.

Dès l’ouverture des marchés, le contrat à terme de référence pour le gaz en Europe, le TTF néerlandais, a bondi de manière spectaculaire. Son prix a grimpé jusqu’à environ 35 % avant de se stabiliser autour d’une hausse d’environ 24 %, atteignant près de 68 euros par mégawattheure.

Un site gazier majeur touché au Qatar

Cette flambée intervient après une série d’attaques attribuées à l’Iran contre des installations énergétiques dans la région du Golfe. Le complexe gazier de Ras Laffan, au Qatar, considéré comme l’un des plus importants centres de production de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde, aurait subi d’importants dégâts.

Selon les autorités qatariennes, plusieurs missiles ont frappé le site à l’aube. L’opérateur public de l’énergie a évoqué des « dommages considérables », même si les autorités ont précisé par la suite que les incendies avaient été maîtrisés et qu’aucune victime n’était à déplorer. Des opérations de sécurisation et de refroidissement des installations se poursuivent sur place.

Le conflit régional accentue les tensions

Ces événements surviennent dans un contexte de conflit militaire qui s’intensifie au Moyen-Orient depuis plusieurs semaines. Les tensions impliquant Israël, les États-Unis, l’Iran et certains acteurs régionaux alimentent une inquiétude croissante quant à la sécurité des infrastructures énergétiques du Golfe, essentielles pour l’économie mondiale.

La perspective d’une perturbation durable des exportations de gaz et de pétrole pousse les marchés à réagir rapidement, les traders anticipant d’éventuelles difficultés d’approvisionnement.

Washington hausse le ton

Dans ce climat d’escalade, l’ancien président américain Donald Trump a menacé de frapper le champ gazier iranien de South Pars si de nouvelles attaques contre les installations qatariennes étaient menées.

Parallèlement, le Koweït a également été touché par un incident. Une attaque de drone aurait provoqué un incendie dans une unité d’une grande raffinerie exploitée par la compagnie pétrolière nationale du pays.

Le pétrole suit la même tendance

Les marchés pétroliers ont également réagi à la hausse. Le baril de Brent, référence internationale, a progressé de plus de 5 % au cours de la même journée, porté par les craintes d’un élargissement du conflit dans une région qui représente une part majeure de la production mondiale d’hydrocarbures.

Une Europe particulièrement exposée

Pour l’Europe, très dépendante des importations de gaz depuis la réduction des livraisons russes, toute perturbation dans le Golfe peut avoir des répercussions immédiates sur les prix et la sécurité énergétique.

Les ministres de l’Énergie de l’Union européenne doivent d’ailleurs se réunir prochainement à Bruxelles afin d’évaluer les options permettant d’atténuer l’impact de la volatilité des marchés sur les consommateurs et les entreprises.

Marie Décius
Marie Décius
Marie Décius est journaliste indépendante basée à Port‑au‑Prince. Elle couvre principalement l’éducation, les droits sociaux et les enjeux politiques en Haïti, avec un regard engagé et proche du terrain.

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