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Crise politique : l’Alternative socialiste dénonce une « coalition antinationale » au sommet de l’État

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Dans une note conjoncturelle publiée ce 03 mars 2026, le parti Alternative socialiste (ASO) dresse un constat sévère de la situation politique nationale. Selon l’organisation, « le désordre au sommet de l’État se poursuit sans trembler, sans s’arrêter », malgré près de deux années de transition sous le Conseil présidentiel de transition (KPT).

L’ASO estime que ces deux années constituent « deux autres années perdues » qui s’ajoutent à « une décennie déjà perdue ». Pour le parti, le problème ne réside pas uniquement dans le fait que le KPT « n’a pas accompli ses missions fondamentales », mais surtout dans l’absence de perspective démocratique claire : « la perspective de déboucher sur un projet démocratique paraît encore plus lointaine ».

Le retour du pouvoir oligarchique

Dans son analyse, Alternative socialiste considère que « le plus grand échec du KPT » est de ne pas avoir empêché « le retour du pouvoir oligarchique qui a dirigé le pays sans partage pendant près de quinze ans », en référence aux régimes successifs du PHTK sous Michel Martelly, Jovenel Moïse et Ariel Henry.

Le parti affirme qu’après « de nombreuses menaces, intimidations et interventions brutales », la communauté internationale aurait « imposé l’ancien Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé seul à la tête du pouvoir exécutif ». Cette démarche est qualifiée de « manœuvre de poigne » qui, selon le texte, « accentuera les divisions entre les enfants du pays et renforcera l’instabilité ».

ASO va plus loin en parlant d’« un coup contre l’intérêt national », quels que soient « les intérêts individuels, de groupe, de secteur ou de classe » à l’origine du projet politique actuel.

Une alliance entre oligarchie et politiciens traditionnels

La note dénonce « un groupe de l’oligarchie » allié à « une multitude de politiciens traditionnels, sans conviction, sans vision, avec pour seule ambition la jouissance du pouvoir », qui aurait repris le contrôle du gouvernement.

Le texte établit un parallèle avec les périodes de 2010 et 2021, affirmant que cette coalition aurait bénéficié d’un « soutien international important pour piétiner la dignité du peuple haïtien » et « sacrifier l’intérêt national devant l’autel des intérêts d’un petit groupe ».

L’ASO évoque également un « blocage de la publication d’une résolution révoquant le Premier ministre », qu’elle interprète comme la preuve que certains secteurs n’ont « aucun problème à avancer dans le chaos institutionnel » et à utiliser « tous les moyens, y compris la trahison, l’ingérence et l’intervention étrangère » pour faire aboutir leurs projets.

Complicités et facteurs internes

Selon le parti, depuis le départ d’Ariel Henry, certains groupes auraient eu « un objectif clair : récupérer le contrôle total du pouvoir ». Cette reconquête aurait été facilitée par plusieurs facteurs internes, notamment « l’appétit financier de certains membres du KPT », « l’opacité dans les actes des autres membres », « l’absence d’un objectif politique minimum clair », ainsi que « la naïveté de certains acteurs politiques et de la société civile ».

La note critique également « l’action bien coordonnée d’un groupe au sein de la presse hégémonique », accusé d’avoir « détourné les masses des contradictions essentielles ».

Un projet de contrôle total de l’État

Pour Alternative socialiste, la situation actuelle dépasse la simple question d’une normalisation institutionnelle. Il s’agirait d’un projet visant à « prendre le contrôle de l’administration publique, des forces publiques, des finances publiques et, avec des alliés étrangers, de toutes les ressources du pays ».

Le texte affirme que l’enjeu central est « la prise de contrôle du pouvoir politique pour domestiquer les masses populaires ».

Les conditions d’une normalisation non négociable

L’ASO propose une sortie de crise fondée sur deux principes jugés « non négociables ». D’abord, « une solution nationale », issue « des diverses organisations de la communauté nationale ». Ensuite, l’instauration d’« un pouvoir bicéphale », combinant un exécutif présidentiel et un Premier ministre, afin d’« éviter la concentration du pouvoir entre les mains d’une seule personne » et « réduire la fragilité au sommet de l’État ».

La note se conclut par une référence historique au président Sudre Dartiguenave, citant une lettre adressée au président américain Harding : « Le peuple haïtien avait espéré que les États-Unis lui permettraient de développer ses richesses matérielles et morales… Je regrette de dire que rien de sérieux n’a été fait pour réaliser cet espoir. »

En conclusion, Alternative socialiste affirme qu’il ne s’agit pas d’une erreur d’appréciation mais d’« un montage destiné à maintenir une coalition antinationale pour piller les ressources du pays ».

La note est signée par le porte-parole du parti, Dr Jean Hénold Buteau, qui réaffirme la position d’ASO en faveur d’une solution nationale et d’une refondation institutionnelle centrée sur l’intérêt collectif.

Sherley Francois
Sherley Francois
Sherley François est journaliste pour Résistance Presse. Passionnée par l’information indépendante, elle cherche à éclairer les enjeux qui façonnent la société et à rendre compte des réalités souvent négligées par les médias dominants.

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