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Le syndicat MPCE dénonce huit années de dérive technocratique et appelle Alix Didier Fils-Aimé à “rompre avec la politisation”

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Dans une note ouverte transmise au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, le Syndicat du Ministère de la Planification et de la Coopération Externe (SYMPCE) dresse un constat sévère de l’état du MPCE, qu’il décrit comme une institution « affaiblie », « désorientée » et minée par des choix politiques successifs en rupture avec sa mission première. Le texte, daté du 3 mars 2026 et signé par Jean François Duvert, président a.i. du syndicat, revient sur huit années de dysfonctionnements qui auraient profondément érodé les capacités du ministère.

Un ministère stratégique pris dans un engrenage politique

Le MPCE, chargé de piloter la planification du développement économique et social du pays, occupe une position centrale dans l’architecture institutionnelle haïtienne. Mais pour le SYMPCE, cette fonction essentielle a été largement compromise par une série de nominations effectuées en dehors des critères techniques requis.

Le syndicat affirme avoir multiplié les alertes, en vain :

« Plusieurs signaux ont été déjà lancés durant ces huit dernières années (…) sur la nécessité d’éviter que des profils extérieurs au domaine de la planification du développement ne soient placés à la tête de cette institution. »

Ce choix récurrent, poursuit la note, aurait conduit à une “surdétermination non éclairée de la Politique sur la Technique”, expression par laquelle le syndicat désigne la mainmise politique sur des postes clés, au détriment des compétences professionnelles.

Une mission institutionnelle rappelée avec insistance

Pour étayer son positionnement, le SYMPCE renvoie aux textes réglementaires. L’article 1er du décret de février 2016 portant organisation du MPCE y est explicitement cité :

« Le MPCE a pour mission de conduire, d’animer et de piloter le processus de planification du développement (…) et de mobiliser les ressources externes. »

Le syndicat rappelle également les dispositions de l’article 2, qui charge le ministère de définir les priorités nationales, de garantir la cohérence des plans sectoriels et d’impulser l’effort de développement local. Autant de responsabilités qui, selon ses membres, exigent une expertise solide et une continuité administrative — deux éléments gravement mis à mal.

« Toutes ces références attestent du caractère hautement stratégique du MPCE (…) ceci requiert des compétences appropriées renforcées d’une conscience accrue du service public de qualité. »

À travers ces citations, le syndicat cherche à démontrer que l’affaiblissement du MPCE n’est pas seulement conjoncturel, mais découle d’une déviation profonde de sa mission initiale.

Des cadres “sous influence politique”

La note décrit un climat institutionnel où les acteurs techniques se voient marginalisés au profit d’intérêts politiques extérieurs. Une situation qui, selon le SYMPCE, empêche toute véritable continuité administrative et fragilise les mécanismes de planification nationale.

« Les gestionnaires de carrière (…) ne doivent pas être soumis aux influences politiques extérieures réputées néfastes. »

Pour le syndicat, cette emprise politique sur les orientations internes aurait installé un déséquilibre durable, au point de compromettre la capacité du MPCE à produire des politiques publiques cohérentes.

Un appel à “placer les bonnes personnes aux bons endroits”

La formule est assumée, presque martelée :« Right men in the Right Place ». Le SYMPCE en fait un principe cardinal pour restaurer un fonctionnement normal du ministère. Le message adressé au Premier ministre est sans ambiguïté : seule une revalorisation de l’expertise interne peut rétablir l’efficacité du MPCE. Dans cette logique, la revendication principale du syndicat est claire :

« Le Directeur Général doit être choisi parmi les cadres techniques du MPCE. »

Un choix qui, selon lui, constituerait un premier pas vers le rehaussement de l’institution et la rupture avec les pratiques du passé.

Un défi majeur pour le gouvernement Fils-Aimé

En conclusion de sa note, le syndicat interpelle directement Alix Didier Fils-Aimé, l’invitant à assumer son rôle de garant de la bonne marche des institutions publiques :

« Des institutions fortes constituent des prérequis obligatoires pour la gestion du développement national. »

L’appel du SYMPCE repose ainsi moins sur une logique revendicative que sur un diagnostic institutionnel qu’il juge urgent. Dans un pays fragilisé par les crises politiques et la fragmentation administrative, la planification nationale apparaît plus que jamais comme un levier essentiel. Encore faudrait-il, souligne le syndicat, la doter des compétences et de l’indépendance nécessaires.

Jean-Robert Augustin
Jean-Robert Augustin
Jean-Robert Augustin est un journaliste engagé et rigoureux, spécialisé dans le traitement de l’actualité nationale et des enjeux sociaux. Passionné par l’information, il s’attache à produire des analyses claires, accessibles et pertinentes pour éclairer le public.

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