Port-au-Prince – Dans une publication diffusée sur le réseau social X le 16 juillet 2026, l’avocat et homme politique André Michel s’est prononcé sur l’évolution du processus électoral en Haïti, qu’il juge profondément défaillant. Tout en plaidant pour une concertation entre les acteurs politiques afin d’éviter une aggravation de la crise nationale, il a réaffirmé son opposition à toute négociation avec les groupes armés.
« Pwosesis Elektoral la sanble ak yon gwo Kamyon ki gen chasi l’kase. Pwosesis la pa gen Direksyon, Pwosesis la tèt anba », écrit André Michel en créole haïtien. Une image forte qui compare le processus électoral à un camion dont le châssis serait brisé, incapable de suivre une trajectoire cohérente.
Un constat sévère sur l’état du processus électoral
À travers cette prise de position, André Michel dresse un constat particulièrement critique de l’organisation actuelle du processus électoral. Selon lui, l’absence de direction claire et de consensus politique risque de compromettre les ambitions de retour à l’ordre constitutionnel.
Cette déclaration intervient dans un contexte où les autorités de transition tentent de relancer la machine électorale malgré une crise sécuritaire persistante. Les débats autour du calendrier électoral, des conditions de sécurité nécessaires à la tenue du scrutin et de la crédibilité des institutions chargées d’organiser les élections continuent d’alimenter les tensions au sein de la classe politique.
Pour André Michel, les responsables politiques doivent impérativement se réunir afin de corriger les dysfonctionnements du processus. « Aktè politik yo dwe chita ansanm pou korije Pwosesis la nan Dyalòg ak konsètasyon », affirme-t-il, appelant à une démarche de dialogue et de concertation entre les différentes sensibilités politiques du pays.
Un appel au dialogue politique, mais pas avec les gangs
L’un des points centraux du message concerne la question du dialogue national. Alors que plusieurs voix, en Haïti comme à l’international, évoquent régulièrement la nécessité de discussions impliquant les groupes armés afin de réduire la violence, André Michel se montre catégorique.
« Pa gen Dyalòg ak GANG KRIMINÈL », conclut-il.
Cette formule traduit une ligne politique ferme consistant à distinguer le dialogue entre acteurs institutionnels et politiques des éventuelles négociations avec les organisations criminelles qui contrôlent une partie importante du territoire national. Pour le dirigeant du Secteur démocratique et populaire, toute solution durable à la crise doit passer par des accords entre forces politiques légitimes et non par des arrangements avec les groupes armés.
Une question au cœur du débat national
La déclaration d’André Michel intervient alors que la communauté internationale, plusieurs acteurs politiques et organisations de la société civile cherchent des pistes pour sortir Haïti de l’impasse politique et sécuritaire.
L’organisation d’élections crédibles demeure l’un des principaux objectifs affichés de la transition. Cependant, l’insécurité généralisée, les déplacements massifs de populations et les difficultés logistiques alimentent les interrogations sur la faisabilité du processus dans les délais prévus.
En qualifiant le processus électoral de « camion au châssis cassé », André Michel résume les inquiétudes d’une partie de la classe politique qui estime que des ajustements profonds sont nécessaires avant toute consultation populaire. Son message relance ainsi le débat sur les conditions indispensables à la tenue d’élections capables de restaurer la légitimité des institutions et de contribuer à la stabilisation du pays.
Source : Publication de Me André Michel sur le réseau social X, le 16 juillet 2026.

