
Maintien provisoire du protocole d’accord
Dans une note d’information publiée dans la soirée du vendredi 6 mars 2026, le MENFP a indiqué que le protocole signé entre les deux institutions resterait en vigueur, en attendant la mise en place d’un nouveau cadre de collaboration. Précise la note officielle du ministère :
« Tout en reconnaissant la pertinence des faits avancés dans la dénonciation du protocole d’accord signé entre le MENFP et l’ENS en date du 16 février 2013, le ministre de l’Éducation nationale et le recteur de l’UEH conviennent de maintenir, en attendant l’adoption d’un nouveau protocole, les termes de celui signé antérieurement ».
Cet accord initial, signé le 16 février 2013, encadre notamment l’organisation des stages pour les étudiants de l’ENS et leur intégration progressive dans le système éducatif haïtien.
Une rencontre entre le MENFP et l’UEH
Toujours le 6 mars 2026, le ministre Vijonet Demero a reçu le recteur de l’Université d’État d’Haïti, Dieuseul Prédélus, afin de discuter de l’avenir du protocole d’accord liant le MENFP et l’ENS.
Selon le ministère, cette réunion a permis d’aborder les perspectives de renforcement de la coopération entre les deux institutions, notamment en matière de formation des enseignants et d’intégration des diplômés dans la fonction publique.
À l’issue de la rencontre, les deux responsables ont convenu d’une « entente de principe » pour poursuivre les discussions et élaborer un nouvel accord mieux adapté aux réalités actuelles du système éducatif.
Le MENFP a également annoncé l’organisation prochaine d’une réunion réunissant l’UEH, le ministère et les Universités publiques départementales afin de « déterminer, pour le bien de toutes les parties, les conditions optimales de réalisation des stages ».
Manifestation d’étudiants devant le ministère
Le vendredi 6 mars 2026, des étudiants se sont rassemblés devant les locaux du MENFP à Delmas 83 afin de protester contre la décision prise par l’ancien ministre Augustin Antoine de suspendre l’accord.
À son arrivée à la réunion, le recteur Dieuseul Prédélus a déclaré devant la presse : « Nous sommes fermes sur notre position : l’accord n’est pas négociable », tout en appelant les étudiants à garder leur calme.
Peu après le début de la rencontre, la police est intervenue pour disperser les manifestants à l’aide de gaz lacrymogène, provoquant une situation de tension dans les environs.
Une décision controversée prise en février
La crise trouve son origine dans la décision annoncée le 16 février 2026 par l’ancien ministre Augustin Antoine de dénoncer l’accord entre le MENFP et l’ENS. Pour justifier cette mesure, il avait expliqué que :
« plusieurs contraintes structurelles, financières et organisationnelles ont profondément modifié la capacité du MENFP à honorer intégralement cet engagement ».
Cette décision avait immédiatement suscité des critiques. L’École normale supérieure avait dénoncé une « décision unilatérale » et adressé une « protestation formelle fondée sur des motifs juridiques précis ».
Selon une source proche du ministère, citée le jeudi 5 mars 2026, l’ancien ministre n’aurait pas consulté les cadres du MENFP avant de prendre cette décision, qualifiée de « décision unilatérale ».
Avec la décision prise le 6 mars 2026, le nouveau ministre Vijonet Demero entend désormais apaiser les tensions et ouvrir la voie à un nouvel accord entre les institutions concernées.

