Port-au-Prince, 2 mars 2026 — Une manifestation organisée ce mardi par des étudiants finissant de l’École Normale Supérieure (ENS) a été dispersée par la Police Nationale d’Haïti (PNH) à Delmas 60. Les étudiants réclamaient l’octroi de stages et de nominations conformément à un accord signé en 2013 avec l’État haïtien.
Selon le Comité stage et nomination représentant les promotions 2018-2022, 2019-2023 et 2021-2025, la marche se voulait pacifique. Les participants affirment qu’à leur arrivée dans la zone de Delmas 60, des agents de la PNH sont intervenus pour disperser le rassemblement.
Les étudiants soutiennent qu’un véhicule de police aurait percuté l’un des manifestants, causant des blessures graves. Ils rapportent également l’utilisation de gaz lacrymogène pour disperser la foule. À ce stade, aucune version officielle détaillée des faits n’a été communiquée par la direction de la PNH.
Des revendications anciennes
Les étudiants finissant de l’ENS demandent l’application de l’accord de 2013 prévoyant leur intégration progressive dans le système éducatif public à travers des stages suivis de nominations. Plusieurs promotions indiquent attendre depuis des années la mise en œuvre de ces dispositions.
Dans leur note rendue publique le 2 mars, les étudiants exigent : des sanctions contre les responsables des incidents ; l’octroi immédiat des stages et nominations ; l’ouverture d’un dialogue formel avec les autorités du ministère de l’Éducation nationale.
Un malaise persistant dans le secteur éducatif
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte plus large marqué par des difficultés structurelles dans le système éducatif haïtien, notamment en matière de planification des ressources humaines. Alors que de nombreux établissements scolaires publics signalent un manque d’enseignants qualifiés, plusieurs diplômés de l’ENS déclarent rester en attente d’affectation.
L’incident de Delmas 60 soulève ainsi une double interrogation : la gestion sécuritaire des manifestations étudiantes et le retard dans l’application d’engagements administratifs pris par l’État.
Au moment de la publication, aucune annonce concrète n’a été faite concernant l’ouverture d’un dialogue ou un calendrier précis pour la mise en œuvre des stages et nominations réclamés.
Les étudiants affirment rester mobilisés, tout en appelant à une solution institutionnelle à leurs revendications.

