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Sécurité publique : un an après, le bilan catastrophique de Mario Andrésol

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@photo : internet

Un an après son installation officielle comme secrétaire d’État à la sécurité publique, le constat est sans appel : le passage de Mario Andrésol à la tête de cette instance stratégique s’inscrit dans une continuité d’échecs, sur fond d’insécurité généralisée.

Installé le 14 janvier 2025 à la Villa d’Accueil, Mario Andrésol avait alors dressé un diagnostic alarmant : « Haïti est au fond du gouffre », tout en appelant au sacrifice, à la création et à la transcendance pour sortir le pays de la crise sécuritaire. Douze mois plus tard, ces paroles résonnent comme une profession de foi restée sans traduction concrète sur le terrain.

Une situation sécuritaire hors de contrôle

Loin de s’améliorer, la situation sécuritaire s’est dramatiquement aggravée. Selon les données du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), plus de 5 915 personnes ont été tuées et 2 708 blessées au cours de 2025, en grande majorité dans des violences liées aux gangs armés, aux affrontements et aux opérations militaires.

Le phénomène ne se limite pas aux morts et aux blessés. Entre janvier et mars 2025, au moins 1 617 personnes ont été tuées et 161 enlèvements contre rançon documentés, une seule période de trois mois pendant laquelle l’État n’a pas réussi à protéger sa population.

Ces chiffres s’ajoutent à ceux de 2024, où au moins 5 601 personnes ont été tuées et 1 494 kidnappées du fait de la violence des gangs, soit une hausse d’environ 20 % des homicides par rapport à 2023.

Enlèvements et violences extrêmes en forte hausse

Les kidnappings, souvent systématiques et utilisés comme outil de pression économique et politique, ont aussi explosé. En 2024, près de 1 500 personnes ont été enlevées contre rançon, incluant des civils et des acteurs communautaires.

À l’intérieur même de la capitale, l’articulation des gangs et la multiplication des zones de non-droit compromettent gravement toute liberté de mouvement pour les citoyens. Selon des données de suivi humanitaire, plus d’1,3 million de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays en 2025 en raison de la violence armée, un record historique.

Absence de politique de sécurité efficace

Malgré les promesses de Mario Andrésol de mettre en place une politique nationale de sécurité respectueuse des droits humains, aucun cadre stratégique opérationnel n’a vu le jour.

La population ne peut plus « vaquer librement à ses occupations » : les déplacements sont illégaux dans de nombreux quartiers de Port-au-Prince après le coucher du soleil, et les enlèvements et extorsions ont transformé la vie quotidienne en un pari permanent entre survie et décès.

L’échec d’un appel à l’unité nationale

Le Conseil présidentiel de transition voyait en Mario Andrésol « l’espoir d’un retour progressif à la sécurité ». Le premier ministre appelait à une collaboration nationale face à la crise multiforme. Mais cette unité tant invoquée n’a jamais pris forme. Les querelles politiques, la méfiance institutionnelle et l’absence de résultats concrets ont vidé ces appels de leur substance.

Un symbole de plus de la faillite de la transition

Un an après, le bilan de Mario Andrésol est catastrophique. Il incarne, malgré son expérience passée à la tête de la PNH, l’incapacité chronique des autorités de transition à répondre à l’urgence sécuritaire. Son mandat illustre une fois de plus le fossé béant entre les discours solennels et la réalité vécue par la population.

Haïti demeure « au fond du gouffre », mais cette fois, sans horizon clair de sortie. Et la question demeure entière : combien de temps encore le pays devra-t-il payer le prix de promesses non tenues et de responsabilités diluées ?

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