Le marché public de Cluny, au cœur du Cap-Haïtien, n’est plus que cendres et décombres depuis la nuit du samedi 24 au dimanche 25 janvier. Aucun mort n’a été à déplorer, mais pour les commerçants, c’est tout leur quotidien qui a été réduit en fumée. Des étals, des marchandises, des revenus… tout a disparu. Depuis, l’inquiétude et la colère règnent.
Ce mardi 2 mars, les commerçants attendaient toujours des actes concrets. Le ministre de l’Intérieur, Paul Antoine Bien-Aimé, et la maire Angie Bell avaient choisi de faire un point de presse sur place. Les mots ont fusé : promesses, priorités, discussions avec le gouvernement. Le ministre a reconnu lui-même avoir « fait beaucoup d’annonces et de promesses, qu’il n’a pas pu respecter » et a promis de transmettre les revendications des commerçants à la mairie et au Premier ministre Didier Fils-Aimé.
La maire, de son côté, a déclaré que la relocalisation du marché était sa priorité. Pont 9 et Shada 2 ont été identifiés comme nouveaux sites, et elle assure que les mesures seront mises en œuvre rapidement. Pourtant, malgré ces paroles, rien n’a encore changé sur le terrain. Les commerçants, décapitalisés et frustrés, observent un calendrier qui tarde à se matérialiser.
Le 26 février, certains d’entre eux avaient déjà manifesté, exprimant leur mécontentement et leur sentiment d’abandon : « Nous avons tout perdu », disaient-ils. Aujourd’hui encore, ils restent sans soutien financier, incapables de reconstruire leur activité.
Entre annonces et réalité, le marché Cluny reste un symbole des promesses non tenues. Pour ces commerçants, chaque jour sans aide est un nouveau pas vers l’incertitude, alors que l’administration locale et le gouvernement continuent de parler… mais n’agissent toujours pas.

