
Téhéran, 1er mars 2026. — Le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, est mort samedi 28 février à l’âge de 86 ans dans une frappe attribuée à Israël. L’annonce, faite initialement par le président américain Donald Trump, a été confirmée quelques heures plus tard par la télévision d’État iranienne.
Au pouvoir depuis 1989, Khamenei était la plus haute autorité politique et religieuse d’Iran. Sa disparition brutale, dans un contexte d’escalade militaire avec Israël, ouvre une période d’incertitude sans précédent pour la République islamique.
Une cible assumée d’Israël
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou avait récemment affirmé qu’éliminer le Guide suprême permettrait de « mettre fin au conflit » opposant les deux pays. Selon des sources iraniennes, la frappe a visé un site sécurisé où se trouvait le dirigeant.
À Téhéran, des scènes contrastées ont été rapportées : alors que les autorités ont décrété une période de deuil national de 40 jours et sept jours fériés, des témoins évoquent des manifestations de joie spontanées dans certains quartiers de la capitale. Une polarisation qui reflète les fractures profondes de la société iranienne.
Trente-six ans de pouvoir absolu
Successeur de Rouhollah Khomeini après la Révolution islamique de 1979, Ali Khamenei n’était que le deuxième Guide suprême de l’histoire de la République islamique.
En Iran, cette fonction domine toutes les institutions : le Guide commande les forces armées, contrôle le pouvoir judiciaire, peut destituer le président et supervise le puissant Corps des gardiens de la révolution.
Son règne a été marqué par : une répression constante des mouvements contestataires, notamment après les manifestations de 2009 et celles déclenchées en 2022 par la mort de Mahsa Amini ; une hostilité assumée envers les États-Unis et Israël ; un rôle central dans la stratégie régionale iranienne, notamment via des alliances avec le Hezbollah libanais et le Hamas palestinien ; la poursuite du programme nucléaire iranien, malgré l’accord international de 2015.
Affaibli ces dernières années par la mort du président Ebrahim Raïssi en 2024 et par la chute de son allié syrien Bachar al-Assad, Khamenei restait néanmoins l’architecte central du système iranien.
Une succession à haut risque
La question de sa succession se pose désormais avec acuité. L’Assemblée des experts devra désigner un nouveau Guide suprême. Parmi les noms évoqués figure celui de son fils Mojtaba Khamenei, bien que ce scénario soit controversé.
La disparition d’Ali Khamenei pourrait provoquer : un durcissement du régime, des luttes internes au sommet de l’État, ou au contraire une recomposition politique progressive.
Sur le plan régional, le risque d’escalade militaire entre l’Iran et Israël est réel. La mort du personnage le plus puissant de l’État iranien constitue un tournant stratégique majeur au Moyen-Orient.
Après trente-six ans d’un pouvoir exercé d’une main de fer, la République islamique entre dans une phase critique de son histoire, entre deuil officiel, tensions internes et incertitudes géopolitiques.

